Dropkick Murphys
| Pays d'origine |
|
|---|---|
| Genre musical | Oi![1], punk folk, punk hardcore, punk celtique, street punk[2] |
| Années actives | Depuis 1996 |
| Labels | Hellcat Records, Born and Bred Records |
| Site officiel | www.dropkickmurphys.com |
| Membres |
Tim Brennan James Lynch Al Barr Ken Casey Matt Kelly Jeff DaRosa Kevin Rehault (tournée uniquement) Lee Forschner (tournée uniquement) |
|---|---|
| Anciens membres |
Marc Orrell Mike McColgan Rick Barton Ryan Foltz Scruffy Wallace Spicy McHaggis (Robbie Mederios) |
Dropkick Murphys est un groupe américain de punk celtique, originaire de Quincy, à côté de South Boston, dans le Massachusetts[3]. Formé en 1996, le groupe mêle des influences de musique irlandaise traditionnelle, punk hardcore, oi! et folk rock.
À ses débuts, la formation comprend Mike McColgan (chant) Ken Casey (basse, chant), Rick Barton (guitare, chant) et Matt Kelly (batterie). Au fil de sa carrière, Dropkick Murphys acquiert une réputation importante grâce à de nombreuses tournées dans le monde entier et à l'organisation des week-ends de la Fête de la Saint-Patrick à Boston durant lesquels le groupe joue durant sept jours de suite, et auxquels des milliers de fans provenant du monde entier[4] assistent chaque année[5]. Le groupe se fait également connaître avec la reprise de bon nombre de chansons traditionnelles irlandaises, telles que Finnegan's Wake, The Fighting 69th, Black Velvet Band ou encore The Auld Triangle. Enfin, il connaît le succès commercial avec l'album The Warrior's Code (2005) et notamment le tube I'm Shipping Up to Boston, multi-diffusé sur les radios américaines et utilisé dans le film de Martin Scorsese, Les Infiltrés (2006).
La devise du groupe évoque l'importance de la famille et de la fierté à l'égard de ses origines[6]. Il se présente souvent comme la voix des ouvriers[7] et s'implique beaucoup dans les œuvres caritatives dans le Massachusetts. Par ailleurs, plusieurs des chansons rendent hommage à certaines personnes disparues, proches ou non de la formation, à l'image du sergent Farrar, fan du groupe et mort en Irak.
Leurs influences vont de Thin Lizzy à Stiff Little Fingers, en passant par The Pogues, The Clash[8], The Dubliners, WHAM ou encore AC/DC[3].
Histoire
[modifier | modifier le code]Origine du nom et thématique irlandaise
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Le nom « Dropkick Murphys » aurait plusieurs origines : selon l'un des membres, Marc Orrell, ce serait le nom d'un centre de désintoxication dans le Connecticut, le nom d'un ancien boxeur, ou encore le nom d'un personnage destiné à effrayer les enfants. Le chanteur initial, Mike McColgan, et le bassiste Ken Casey ont clarifié l'origine du nom en expliquant qu'il venait d'un centre de désintoxication où étaient récupérés les errants des bas-fonds de Boston[9]. Le nom « Dropkick Murphys » aurait été donné au centre de désintoxication d'après le nom de son créateur, John Murphy, un ancien catcheur de Boston, dont l'un des mouvements préférés était le dropkick (ou « saut chassé » en français). Après avoir entrainé différents boxeurs après sa carrière de lutteur, Murphy fit face à de nombreux cas d'alcoolisme et décida d'ouvrir un centre spécialisé au début des années 1940[10].
« [John] Murphy était un de ces gars typiques de Boston, il portait avec beaucoup de fierté son héritage irlandais, ainsi qu'une indéfectible fidélité pour sa ville de Boston - tout comme Dropkick Murphys. »
— Matt Kelly[11]
Chaque membre du groupe a des ancêtres irlandais[12], à l'exception d'Al Barr, qui a des ancêtres écossais et allemands et Scruffy Wallace d'origine écossaise. Dropkick Murphys est originaire de la baie de Boston et plus particulièrement de South Boston, où une grande colonie d'immigrés irlandais est arrivée à la suite de la grande famine irlandaise au XIXe siècle[13]. Ainsi la plupart des habitants de South Boston sont des descendants d'immigrés irlandais, et il s'y concentre en grande partie la classe ouvrière de Boston. En grande majorité catholique, on y trouve bon nombre d'églises de la même confession et encore souvent des inscriptions en anglais et en ancien irlandais. Ainsi, Dropkick Murphys fait référence à de nombreuses reprises à South Boston et la vie de sa classe ouvrière. Ken Casey explique :« En grandissant à Boston, à chaque fois que tu vas à un mariage ou chez tes grands-parents tu entends de la musique irlandaise traditionnelle. Je suis passé dans une phase où je détestais cette musique juste parce que c'était celle que mes parents écoutaient[14]. »
Le groupe utilise des instruments traditionnels, tels que la cornemuse, l'accordéon, la mandoline ou la flûte à partir de l'album Sing Loud, Sing Proud!. Il reprend de nombreuses chansons traditionnelles irlandaises, telles que (F)lannigan's Ball, I'm Shipping Up to Boston, The Fields of Athenry, Fairmount Hill, Johnny, I Hardly Knew Ya, The Gang's All Here, The Fighting 69 ou encore The Green Fields of France (No Man's Land) reprise de Eric Bogle parlant d'un jeune Écossais, Willie McBride, mort durant la Première Guerre mondiale[15].
Plusieurs des reprises faites par Dropkick Murphys sont des standards irlandais dits Irish pub drinking songs (litt. : « chansons à boire de pub irlandais » en français).
Débuts et Do or Die (1996–2000)
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À ses débuts, le groupe joue dans la cave d'un ami barbier ; il est alors composé de Ken Casey à la basse (qui n'a alors que 3 semaines de pratique[16]), Mike McColgan au chant, Rick Barton à la guitare et Bill Close à la batterie[16]. Après seulement quelque répétition et un premier EP, le groupe trouve un nouveau batteur, Matt Kelly, en 1997. Désirant créer un genre nouveau, Dropkick Murphys mélange les goûts de ses membres pour le rock et le punk rock (influencé par des groupes comme The Clash, AC/DC ou Stiff Little Fingers[3]) avec la musique traditionnelle de leurs ancêtres (The Clancy Brothers, The Pogues, Woody Guthrie). À cette époque chaque membre du groupe a un travail à temps plein et ne roulait pas sur l'or. Ainsi Ken Casey, alors ouvrier du bâtiment[17], n'avait même pas sa propre maison et vivait chez son beau-père avec sa femme et sa fille[18].
Leur musique mêle alors des influences punk rock, des éléments de chansons festives et de musique traditionnelle[6], pour donner un genre qui peut être qualifié de punk celtique[3]. D'autres formations telles que The Pogues ou Flogging Molly font de même, mélangeant des instruments aussi différents que la flûte de Pan, le bodhrán, la mandoline et la cornemuse. Leurs débuts sont marqués par une forte influence du mouvement oi! anglais des années 1970[1], et du street punk typique de la côte est américaine. Entre 1996 et 1998, le groupe sort ainsi trois splits avec les groupes The Ducky Boys (en) et The Bruisers ainsi que l'EP Boys on The Docks. Adepte du DIY, le groupe crée son propre label appelé Flat Records, permettant ainsi la vente d'albums et la diffusion d'autres groupes de la scène de Boston. Avec ses petits moyens, le groupe imprime et vend son merchandising lui-même[19].
Fin 1998, après une longue période de tournée, le groupe est remarqué par Tim Armstrong et signe un contrat avec sa maison de disques Hellcat Records[3]. Il sort son premier album Do or Die, produit par le guitariste de Rancid, Lars Frederiksen (qui produit l'album gratuitement pour le groupe[16]) avec l'aide de Roger Miret, le leader du groupe new-yorkais Agnostic Front. Frederiksen fait une apparition sur la chanson Skin Head on the MTBA[3]. Malgré une très faible diffusion en radio et une promotion presque inexistante, le groupe vend près de 200 000 exemplaires aux États-Unis[20]. Bien que typiquement oi! et street punk, l'album dégage une tendance folk, comme dans la chanson Cadence to Arms, qui est une reprise à la façon punk de Scotland the Brave, hymne non officiel de l'Écosse[21]. Certaines des chansons de l'album deviennent particulièrement prisées par les fans, comme Barroom Hero ou Boys on the Dock, qui sont toujours jouées par le groupe en concert[21]. Casey écrit la chanson Boys on the Docks en hommage à son arrière-grand-père qui aida les pêcheurs et les dockers de Boston à se syndiquer au début du XXe siècle[22]. Peu après en 1999, Mike McColgan, le chanteur, quitte le groupe. Après un début de carrière comme pompier, il forme le groupe Street Dogs, également signé chez Hellcat Records, et laisse sa place à Al Barr, ancien membre de The Bruisers[3]. Puis, Rick Barton quitte la formation pour se faire remplacer par James Lynch, des Ducky Boys[3].

Malgré ces changements, les autres membres du groupe et Mike McColgan restent bons amis, puisque plus tard, Ken Casey et Al Barr participeront à l'album Savin' Hill des Street Dogs. McColgan écrit même une chanson sur son enfance avec Ken Casey sur son dernier album intitulé Two Angry Kids. En 1999, ils réalisent leur second album intitulé The Gang's All Here, nommé comme le film homonyme (Banana Split en français) de Busby Berkeley, toujours produit par Lars Frederiksen. À l'époque, le groupe crée une petite polémique avec la chanson Pipebomb on Lansdowne, où Dropkick Murphys détaille la haine qu'ils ressentent envers les étudiants bourgeois qui encombrent le fameux House of Blues de Boston, situé sur Lansdowne Street[23]. Toutefois, Dropkick Murphys joue plus tard dans la nouvelle House of Blues, totalement reconstruite, et y enregistre même son DVD On the Road with the Dropkick Murphys en 2003[24].
Pour la première fois, le groupe filme un clip vidéo pour la chanson 10 Years of Service. À cette occasion, les membres ont revêtu des bleus de travail afin de se donner une image de groupe de la classe ouvrière. L'album The Gang's All Here est accueilli froidement par la critique, qui reproche au groupe le mauvais mixage de certaines chansons, mais qui salue les parties chantées par Al Barr pour son tout premier album avec le groupe. Entre-temps, Dropkick Murphys et le groupe de oi! anglais The Business enregistrent un album ensemble, reprenant chacun les chansons de l'autre. L'album s'appelle Mob Mentality et sort en [25].
Sing Loud, Sing Proud ! (2001–2002)
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En 2001 sort l'album Sing Loud, Sing Proud!, cette fois produit par le groupe lui-même, Lars Frederiksen étant en tournée avec Rancid au moment de l'enregistrement[26]. Le groupe commence à connaître une certaine renommée, collaborant notamment avec le légendaire leader des Pogues, Shane MacGowan sur la chanson Good Rats ou encore avec Colin McFaull du groupe punk anglais des années 1970 Cock Sparrer ; c'est aussi la première vraie apparition d'instruments traditionnels, tels que la mandoline ou la cornemuse. Le groupe se détourne ainsi d'un son punk hardcore et oi! pour un son plus folk rock. L'album contient la chanson Rocky Road to Dublin, chanson traditionnelle irlandaise sur l'exil en Angleterre d'un voyageur originaire de Tuam (ouest de l'Irlande), également reprise par The Pogues et The Dubliners[27]. Certaines critiques soulignent « […] leur fureur préservée et leur fierté intacte d'appartenir à la classe ouvrière »[28] et CD Universe ajoute : « Dropkick Murphys est au punk ce que House of Pain est au rap, ils apportent une sensibilité irlandaise à leur musique tout en gardant les critères du punk. Leur chansons sonnent comme la musique punk devrait sonner, lourde, rapide, dure et simple »[29].
Au passage, le groupe recrute chez les jeunes pousses du punk rock avec un second guitariste, Marc Orrell, surnommé « le Kid » en raison de son jeune âge — il rejoint le groupe à 17 ans, qui ironiquement, avant de rejoindre la bande de Ken Casey, jouait dans un groupe qui faisait des reprises de Dropkick Murphys[9]. Les Dropkick Murphys font également appel à un joueur de cornemuse, Robbie « Spicy Mc Haggis » Meideros, âgé de 19 ans (surnom inspiré par un menu de McDonald's lors d'une tournée en Écosse[30]) et à Ryan Foltz pour la mandoline et le tin whistle. Spicy quitte le groupe pour se marier après le troisième album, qui contient la chanson d'adieu The Spicy Mc Haggis Jig.
À cette époque, le groupe prend l'habitude de faire venir des danseuses traditionnelles irlandaises sur scène lors de certaines chansons, habitude qui perdure à chaque concert. De plus, le groupe fait monter sur scène quelques fans féminines pour danser sur la musique de The Spicy McHaggis Jig[5]. Détail amusant, le groupe nomme la chanson Good Rats en hommage à l'ancien mythe selon lequel l'usine Guinness mettait des rats dans la bière et serait l'ingrédient secret qui donne son goût si spécial à la Guinness.
Blackout (2003–2004)
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Début 2003, Ken Casey révèle dans une interview qu'une collaboration avec l'ancien leader des Clash Joe Strummer était en préparation avant son décès en , mais ne put jamais se faire à cause d'indisponibilité des deux parties[31].
Leur album suivant, intitulé Blackout sort en 2003. Il inclut le tube[32] Walk Away ainsi que la chanson The Fields of Athenry relatant l'histoire d'un prisonnier pendant la grande famine irlandaise. Pour la première fois, une voix féminine se pose sur une chanson, Dirty Glass, interprétée par Stephanie Dougherty du groupe Deadly Sins (également roadie du groupe[33]). La chanson parle d'un bar de Quincy. C'est aussi la première fois que Dropkick Murphys apparaît sur le Vans Warped Tour, consacrant définitivement l'appartenance du groupe au monde du punk. Cependant le groupe crée une polémique en refusant tout d'abord de jouer pour marquer son soutien aux machinistes de la tournée alors en grève, puis ils acceptent malgré tout de jouer en portant les tee-shirts du syndicat auquel appartiennent les machinistes. Par la suite, Dropkick Murphys rejoint les grévistes et improvise un mini-concert acoustique sur le parking où se tenait la grève, accompagné entre autres de Lars Frederiksen et d'autres artistes présents sur la tournée[34].
La sonorité de l'album Blackout est souvent rapprochée de celle de The Pogues, avec un contenu plus riche en ballades. Pour la première fois, un album du groupe atteint le top 100 des classements américains d'albums[35]. L'album contient aussi une reprise de Woody Guthrie intitulée Gonna Be a Blackout Tonight dont les paroles et originaux ont été donnés au groupe par la propre fille de Guthrie[36] et le titre Black Velvet Band traitant des vagues de populations exilées de force en Australie pour de prétendus crimes[36]. Les critiques sont unanimes pour affirmer que Blackout est l'album de la maturité et le plus abouti, ainsi Dylan Wachman de