Piercing génital masculin
Un piercing génital masculin est un bijou[1], généralement métallique, perçant la chair du sexe masculin (pénis).
Dans les sociétés occidentales contemporaines, lors de son émergence, le phénomÚne du piercing génital a été exclusivement associé au milieu des hommes homosexuels.
Puis la pratique s'est diffusée dans d'autres milieux, et désormais des hommes et des femmes réalisent un piercing génital pour des raisons aussi bien esthétiques qu'érotiques[2],[3].
Types et origines historiques
[modifier | modifier le code]Apadravya
[modifier | modifier le code]L'apadravya tirerait ses origines d'Inde. Il est mentionné dans le Kamasutra, comme un moyen de stimulation sexuelle de sa partenaire[4],[5].
Ampallang
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L'ampallang viendrait des tribus des Toraja de CélÚbes [6],[7] et des Dayak de Bornéo. Ce piercing leur servirait de rite d'initiation, de moyen de stimuler leur partenaire mais aussi d'éloigneur de mauvais esprits - le bijou utilisé étant considéré comme doté de pouvoirs surnaturels[réf. à confirmer][8]. Il est possible que cette pratique se soit développée pour imiter le pénis du rhinocéros, doté d'une sorte de traverse située quelques centimÚtres en arriÚre de l'extrémité de la verge[9].
Légendes urbaines popularisées dans les années 1970
[modifier | modifier le code]Légendes
[modifier | modifier le code]Plusieurs légendes circulent quant aux origines de certains piercings génitaux :
- Selon Fakir Musafar, le piercing Prince Albert aurait servi de ceinture de chastetĂ© dans des tribus primitives, Ă cause de la grosseur du bijou qui empĂȘchait ainsi tout rapport sexuel[10][rĂ©f. à confirmer] ;
- Le nom de ce piercing viendrait du nom du mari de la reine Victoria, Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, qui lui-mĂȘme en aurait arborĂ© un[rĂ©f. à confirmer][10] ;
- Alors que la mode du XIXe siÚcle était aux pantalons moulants, George Brummell aurait été le premier à en avoir un pour masquer toute protubérance, en faisant passer une cordelette de l'anneau génital vers l'intérieur de la cuisse[réf. à confirmer][10].
Origine de ces légendes
[modifier | modifier le code]Les seules pratiques de piercing génital masculin dont on puisse trouver une trace concrÚte dans l'histoire sont le perçage du gland du pénis à l'aide d'un os, pratiqué par quelques tribus de Bornéo, et une référence à des bijoux génitaux (traversant probablement la chair) dans le Kùmasûtra. Il est question de piercings du mamelon dans des journaux intimes datant de l'époque victorienne, ce qui prouve qu'il ne s'agit pas d'une idée récemment née.
Mais la plupart des histoires concernant l'origine des piercings (par exemple, les légendes relatives au Prince Albert), ne sont que des légendes urbaines. Jim Ward, l'un des pierceurs qui popularisa le piercing génital vers la fin des années 1970, avec le financement de son ami Doug Molloy, révéla cela dans une interview. Molloy s'était dit que les piercings deviendraient plus intéressants s'ils possédaient une histoire. Il inventa alors une série de noms et d'origines, qui devinrent peu à peu considérés comme véridiques. Ward affirme avoir tenté d'effectuer des recherches sur le sujet aprÚs le décÚs de Molloy, mais n'avoir pu vérifier que l'origine de l'ampallang et de l'apadravya[11].
Santé publique et prévention des risques
[modifier | modifier le code]Cicatrisation
[modifier | modifier le code]Le temps de cicatrisation aprÚs un piercing génital varie entre douze semaines et neuf mois, selon le piercing et la personne piercée.
Les piercings génitaux, en particulier Prince Albert, Ampallang et Apadravya, saignent durant les deux jours qui suivent leur pose[réf. à confirmer][12].
GĂ©nĂ©ralement, une activitĂ© sexuelle peut ĂȘtre reprise dĂšs que le porteur du piercing s'en sent capable. Toutefois, il est trĂšs important de prĂ©server une bonne hygiĂšne et dâĂ©viter toute blessure. Toute activitĂ© sexuelle doit ĂȘtre douce pendant la pĂ©riode de cicatrisation. Tant que la cicatrisation n'est pas terminĂ©e, le piercing gĂ©nital constitue une plaie ouverte, propice aux infections et Ă la transmission de MST. Il faut donc utiliser une protection (prĂ©servatif, digue dentaire ou pansement Ă©tanche) pour se protĂ©ger des fluides corporels du partenaire, mĂȘme dans une relation monogame. La lubrification doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e Ă l'aide d'un lubrifiant Ă base d'eau (et jamais de salive). En cas d'utilisation de sextoys, il faut Ă©galement employer une protection mono-usage jetable[rĂ©f. à confirmer][12].
Il est recommandé de tremper le piercing dans de l'eau tiÚde (ou de la solution physiologique) avant l'activité sexuelle, pour enlever les petites croûtes (principalement pour des questions de confort). AprÚs les relations, il faut effectuer un nouveau bain d'eau tiÚde[réf. à confirmer][12].
Risques
[modifier | modifier le code]- Tous les piercings (dont les génitaux) sont des actions potentiellement exposantes au VIH[13].
- 10 à 20 % des piercings se compliquent d'une infection locale. Parmi les bactéries en cause, les plus fréquentes sont le staphylocoque doré, le streptocoque du groupe A et le bacille pyocyanique[14].
- Le Prince Albert modifie souvent l'écoulement urinaire[15].
- Il existe aussi un risque de blesser son ou sa partenaire au cours des rapports sexuels avec certains piercings comme le Prince Albert ou le barbell.[réf. souhaitée]
- Certains piercings (tels que le Frenum et le Dydoe) risquent d'ĂȘtre arrachĂ©s par des frictions, et de dĂ©chirer la peau.[rĂ©f. souhaitĂ©e]
Dans les sociétés occidentales contemporaines
[modifier | modifier le code]Deux nouveaux piercings, l'Hafada et la Guiche, seraient apparus Ă la fin des annĂ©es 1970 sur la cĂŽte ouest des Ătats-Unis, dans le milieu gay BDSM[rĂ©f. à confirmer][16].
Piercing génitaux masculins les plus courants
[modifier | modifier le code]Prince Albert
[modifier | modifier le code]Lors de la rĂ©alisation dâun Prince Albert, on perce Ă droite ou Ă gauche du frein Ă lâaide dâune aiguille que lâon fait ressortir par lâurĂštre. On insĂšre alors un anneau dans le trou ainsi formĂ© Ă la base du gland. Il est considĂ©rĂ© comme le piercing gĂ©nital masculin le plus populaire[rĂ©f. à confirmer][17],[18]. Sa cicatrisation dure entre 2 et 4 semaines[19].
Une variante du Prince Albert existe, nommée le Prince Albert inversé (ou reversed PA). Dans ce cas, le sexe est percé au-dessus du gland et non dessous. Le bijou traversera et sortira par l'urÚtre[20],[19].
Apadravya ou ampallang
[modifier | modifier le code]Un piercing apadravya (parfois nommé apadavya ou apadavrya) consiste en une tige (barbell droit) qui traverse verticalement le gland du pénis, traversant également l'urÚtre. Sa cicatrisation dure entre 2 et 5 mois[19].
Son équivalent horizontal est l'ampallang (ou palang) [9]. Ce piercing est connu pour provoquer des saignements, qui durent entre un et quatre jours. Sa cicatrisation dure entre 3 et 9 mois[19].
La combinaison des deux est appelée « croix magique ».
Dydoe
[modifier | modifier le code]Un dydoe est un piercing réalisé sur les hommes circoncis, puisque le rebord de la base du gland est percé.
Le prépuce d'un homme non circoncis rend ce piercing compliqué à réaliser. Sa cicatrisation dure entre 6 et 8 semaines[19].
Frein (ou frenum)
[modifier | modifier le code]Un frenum est un piercing situé sur la face antérieure du pénis (en position gynécologique) à travers le frein du prépuce anatomiquement appelé frenum ou frenulum. Une série de frenums parallÚles est nommée frenum ladder.
Hafada
[modifier | modifier le code]L'hafada est un piercing de surface, oĂč la peau du scrotum est percĂ©e.
Guiche
[modifier | modifier le code]La guiche est un piercing situĂ© sur le pĂ©rinĂ©e, gĂ©nĂ©ralement dans la zone centrale, entre le scrotum et l'anus. Il peut Ă©galement ĂȘtre placĂ© latĂ©ralement, ou au niveau de l'anus[19].
Prince Albert Prince Albert inversé Ampallang Dydoe Frenum Hafada Guiche
Bijoux
[modifier | modifier le code]Sceptre princier
[modifier | modifier le code]Le sceptre princier est un accessoire prĂ©vu initialement pour s'adapter aux piercings. Le tube est creux et la bille terminale peut ĂȘtre retirĂ©e, ce qui permet au porteur d'uriner ou d'Ă©jaculer sans devoir enlever son sceptre princier.
Références
[modifier | modifier le code]- â DĂ©finition du piercing dans le dictionnaire Larousse.
- â SĂ©curitĂ© sanitaire et pratiques de piercing et de tatouage : Ă propos dâune expĂ©rience en Savoie, Ălisabeth Lafont, Ăcole Nationale de la SantĂ© Publique de Rennes
- â Petite histoire des pĂ©nis customisĂ©s, blog dâAgnĂšs Giard sur Liberation.fr
- â "The Kama Sutra of Vatsyayana", VĂątsyĂąyana, page 142
- â The Book of the penis, Maggie Paley, page 140
- â "The penis inserts of Southeast Asia: an annotated bibliography with an overview and comparative perspectives", Donald Edward Brown, James W. Edwards, Ruth P. Moore, Center for South and Southeast Asia Studies, University of California, 1988
- â Petite histoire des pĂ©nis customisĂ©s, blog d'AgnĂšs Giard sur Liberation.fr
- 1 2 Les marques corporelles des sociétés traditionnelles : un éclairage pour les pratiques contemporaines, Bruno Rouers
- 1 2 3 Petite histoire des pénis customisés par AgnÚs Giard sur Liberation.fr
- â (en) Henry Ferguson, « Body piercing », BMJ, vol. 319, no 7225,â , p. 1627â1629 (ISSN 0959-8138 et 1468-5833, PMID 10600973, PMCID PMC1127091, DOI 10.1136/bmj.319.7225.1627, lire en ligne, consultĂ© le )
- 1 2 3 Conseils pour une meilleure cicatrisation, note d'information de l'APP (Association of Professional Piercers)
- â Le virus de l'immunodĂ©ficience humaine et ses traitements : Ă©valuation des connaissances des pharmaciens d'officine de Lorraine
- â Le piercing et ses complications infectieuses : Un enjeu de santĂ© publique en France, J.-B. Guiard-Schmid, H. Picard, L. Slama, C. Maslo, C. Amiel, G. Pialoux, M.G. Lebrette, W. Rozenbaum, Service des maladies infectieuses et tropicales, hĂŽpital Tenon, Paris
- â Body Piercing: More Than Skin Deep, L. Hogan MSN, RN, FNP-BC1 and M. L. Armstrong EdD, RN, FAAN, Skin Therapy Letter .com
- â Petite histoire des pĂ©nis customisĂ©s blog dâAgnĂšs Giard sur Liberation.fr
- â Perçage des organes gĂ©nitaux sur Masexualite.ca
- â Body Piercing, analyse des enjeux Ă©thiques, Florent ThĂ©bault, 2000
- 1 2 3 4 5 6 The urologistâs guide to genital piercing, W.R. ANDERSON, D.J. SUMMERTON, D.M. SHARMA and S.A. HOLMES, Solent Department of Urology, St. Maryâs Hospital, Portsmouth, UK
- â Komisaruk, Barry R.; Whipple, Beverly; Nasserzadeh, Sara' Beyer-Flores, Carlos (2009). The Orgasm Answer Guide, p. 118. JHU Press, (ISBN 978-0-8018-9396-4)