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Numa Droz

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Numa Droz
Illustration.
Numa Droz.
Fonctions
Conseiller fédéral
–
PrĂ©sident lui-mĂȘme en 1881 et 1887
Département DFAE (1887-92 ; 1881)
Commerce et agriculture (1882-86 ; 1879-80)
DFI (1876-78)
Prédécesseur Paul Ceresole
Successeur Adrien Lachenal
Conseiller aux États
–
PrĂ©sident lui-mĂȘme en 1874-1875[n 1]
Législature 9e et 10e
Conseiller d'État neuchñtelois
–
Département Instruction publique et cultes
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance La Chaux-de-Fonds
Date de décÚs (à 55 ans)
Lieu de décÚs Berne
Nationalité Suisse
Parti politique Parti radical-démocratique
Numa Droz

Numa Droz, nĂ© le Ă  La Chaux-de-Fonds (originaire du mĂȘme lieu et du Locle) et mort Ă  Berne le , est une personnalitĂ© politique suisse, membre du Parti radical-dĂ©mocratique (PRD).

Graveur et instituteur, il est conseiller fĂ©dĂ©ral de 1876 Ă  1892. Élu Ă  31 ans, il est aujourd'hui encore le plus jeune conseiller fĂ©dĂ©ral que la Suisse a connu depuis 1848. Il est le promoteur d'une rĂ©forme du Conseil fĂ©dĂ©ral instituant un vĂ©ritable dĂ©partement des affaires Ă©trangĂšres, alors que jusque-lĂ  ce poste Ă©tait occupĂ© chaque annĂ©e par un membre diffĂ©rent du collĂšge gouvernemental.

Instituteur et politicien

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Fils d'EugÚne Droz, horloger, et de Louise-Elise Benguerel-dit-Perroud, Numa Droz vit une enfance relativement difficile. Son pÚre meurt alors qu'il n'a que 6 ans et sa mÚre assure dÚs lors seule la conduite familiale[1]. Numa Droz effectue en 1858-1859 un apprentissage de graveur en horlogerie dans l'entreprise Grandjean-Perrenoud-Comtesse de La Chaux-de-Fonds.

S'imaginant missionnaire, Numa Droz est répétiteur et surveillant à l'école-asile de Grandchamp à Boudry dÚs 1859. Il y apprend les langues et y forge sa foi et ses convictions. Il y rencontre également Félix Bovet, qui deviendra par la suite son confident. Sa demande est toutefois refusée par le Comité des missions[1]. Il retourne donc à son métier de graveur.

Il prépare ensuite, en autodidacte, un brevet de capacité pour l'enseignement primaire qu'il acquiert en 1862. Entre 1862 et 1864, il enseigne à Chaumont, sur les hauteurs de Neuchùtel puis dans cette ville[2].

Il entre trĂšs jeune en politique puisqu'il devient Ă  20 ans, en 1864, rĂ©dacteur du National Suisse, le journal officiel du Parti radical-dĂ©mocratique, auquel il contribua jusqu'en 1871. Il est Ă©lu au Grand Conseil du canton de NeuchĂątel en 1869 et au Conseil d'État deux ans plus tard, le , Ă  27 ans[3]. Il est chancelier d'État en 1872 (jusqu'en 1898, ce poste est occupĂ© par un conseiller d'État)[4]. Il reste au Conseil d'État jusqu'au , date de son entrĂ©e en fonction en tant que conseiller fĂ©dĂ©ral. Numa Droz n'a jamais prĂ©sidĂ© le Conseil d'État[5]. À l'exĂ©cutif cantonal, Numa Droz hĂ©rite du dĂ©partement de l'instruction publique et des cultes. Il met en place la loi ecclĂ©siastique, qualifiĂ©e de « Loi Numa Droz », dans laquelle il montre son attachement Ă  un État laĂŻc et Ă  une Église contrĂŽlĂ©e par ce dernier. DestinĂ©e Ă  rĂ©duire l'influence de l'Église dans la sociĂ©tĂ© neuchĂąteloise, cette loi provoque une sĂ©paration au sein de l'Église rĂ©formĂ©e neuchĂąteloise et la crĂ©ation de l'Église indĂ©pendante (la branche indĂ©pendante et la branche dite « Nationale » fusionneront Ă  nouveau en 1943 au sein de l'EREN). Il rĂ©forma Ă©galement l'Ă©cole primaire et rendit facultatif l'enseignement de la religion[1]. Il propose le contrĂŽle de l'argent et de l'or et en 1880, la premiĂšre loi fĂ©dĂ©rale est promulguĂ©e[6].

Un fonds d’archives concernant Numa Droz est conservĂ© aux Archives de l’État de NeuchĂątel. Il contient des documents sur sa vie privĂ©e ainsi que des documents sur l’histoire neuchĂąteloise, l’histoire suisse, les relations internationales, l’affaire Wohlgemuth[7], les chemins de fer ainsi que l’instruction publique. Le contenu dĂ©taillĂ© de ce fonds d'archives se trouve dans le portail des archives neuchĂąteloises[8],[9].

En 1872, il accĂšde au Conseil des États, chambre qu'il prĂ©side briĂšvement en 1875[10].

Conseil fédéral

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Son élection est mouvementée. Le , Numa Droz n'est pas élu, il n'obtient que 61 voix contre 85 à Bernhard Hammer pour le septiÚme siÚge. Louis Ruchonnet est élu ce jour-là au quatriÚme siÚge. Refusant son élection, il faut procéder à un nouveau vote le . Contre Numa Droz, c'est Charles Estoppey qui est élu, mais ce dernier refuse son élection[1]. Lors du nouveau vote, Numa Droz est finalement élu de justesse au deuxiÚme tour avec 85 bulletins sur 168 valables (23e conseiller fédéral de l'histoire[réf. nécessaire])[11].

Réélu à cinq reprises (, , , et ), il occupe tout d'abord le Département de l'intérieur entre 1876 et 1878. Il crée le Département du commerce et de l'agriculture en 1878 et le dirige entre 1879 et 1880 puis entre 1882 et 1886. Le Département politique lui revient, en tant que président de la Confédération, en 1881 puis en 1887[12]. Traditionnellement, ce département est géré par le président de la Confédération. Sous l'impulsion de Numa Droz, celui-ci va devenir un véritable département des affaires étrangÚres[2]. Il en assure la direction de 1887 à 1892[12].

En 1889, il s'oppose à Bismarck lors de l'affaire Wohlgemuth, du nom d'un policier expulsé par la Suisse pour avoir exercé des activités d'espionnage envers des réfugiés allemands et dont Bismarck exigea la réintégration sous peine de sanction. Ce dernier estimait en effet que sa police avait le droit d'exercer sur le territoire suisse, position que le Conseil fédéral ne partageait pas et qu'il défendit fermement[1].

Numa Droz démissionne du Conseil fédéral en date du [12].

L'aprÚs Conseil fédéral

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Son enterrement à Neuchùtel le 18 décembre 1899

Il devient directeur du Bureau international des transports Ă  Berne[2] et de l'Office central des transports internationaux par chemins de fer (OCTI).

Il est question de le nommer gouverneur de la CrÚte en 1897, mais l'Allemagne et la Russie s'y opposent[réf. nécessaire].

Il meurt Ă  Berne le .

Un collĂšge et une rue portent son nom dans sa ville natale de La Chaux-de-Fonds ainsi qu'Ă  NeuchĂątel.

Publications

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  • Numa Droz, Souvenirs d'un vieux montagnard. Histoire d'un proscrit de 1793. Nouvelle neuchĂąteloise, La Chaux-de-Fonds, Imprimerie du National suisse,
  • Numa Droz, Instruction civique : manuel Ă  l'usage des Ă©coles primaires supĂ©rieures, des Ă©coles secondaires, des Ă©coles complĂ©mentaires et des jeunes citoyens, Lausanne, D. Lebet,
  • Numa Droz, Études et portraits politiques, GenĂšve, C. Eggimann (GenĂšve), F. Alcan (Paris), , 519 p. (BNF 30356315)
  • Numa Droz, Le rachat des chemins de fer suisses, BĂąle et GenĂšve, Georg,
  • Numa Droz, Essais Ă©conomiques, GenĂšve et Paris, C. Eggimann et FĂ©lix Alcan, , 592 p. (BNF 32045895)

Bibliographie

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  • Urs Altermatt, Le Conseil fĂ©dĂ©ral : Dictionnaire biographique des cent premiers conseillers fĂ©dĂ©raux, Yens-sur-Morges, CabĂ©dita, , 672 p. [dĂ©tail des Ă©ditions] (prĂ©sentation en ligne)
  • Philippe Henry, « Numa Droz, homme politique 1844-1899 », dans Michel SCHLUP, Biographies neuchĂąteloises, tome 3, p.83-87, Hauterive, G.Attinger,
  • Eric-AndrĂ© Klauser, « Droz, Numa » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne
  • JĂ©rĂŽme Salmeron, Aspects de la vie et de l'action politique de Numa Droz : conseiller fĂ©dĂ©ral neuchĂątelois, , 173 p.
  • Maurice Born, Les tribulations d'un helvĂšte en CrĂšte, in: Chroniques crĂ©toises volume 38, 2018. SociĂ©tĂ© d'Ă©tudes historiques crĂ©toises, musĂ©e historique de CrĂšte.

Sources d'archives

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Liens externes

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Notes et références

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  1. ↑ Du au .

Références

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  1. 1 2 3 4 5 Urs Altermatt, Le Conseil fédéral : Dictionnaire biographique des cent premiers conseillers fédéraux, Yens-sur-Morges, Cabédita, , 672 p. [détail des éditions] (présentation en ligne)
  2. 1 2 3 Eric-André Klauser, « Droz, Numa » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne
  3. ↑ « Membres du gouvernement depuis 1848 », sur Site officiel de la RĂ©publique et canton de NeuchĂątel (consultĂ© le )
  4. ↑ « Chanceliers d'État depuis 1849 », sur Site officiel de la RĂ©publique et canton de NeuchĂątel (consultĂ© le )
  5. ↑ « PrĂ©sidences du Conseil d'État depuis 1848 », sur Site officiel de la RĂ©publique et canton de NeuchĂątel (consultĂ© le )
  6. ↑ (en) Pierre-LĂ©onard Zaffalon, « Historical Review of the Swiss Precious Metals Control Act Focused on Platinoids », (DOI 10.1595/205651318x696701, consultĂ© le )
  7. ↑ « Wohlgemuth, affaire », sur hls-dhs-dss.ch (consultĂ© le )
  8. ↑ « Portail des archives neuchĂąteloises »
  9. ↑ Fonds : Numa Droz (1868-1899). Cote : DROZ NUMA. Archives de l'État de NeuchĂątel (prĂ©sentation en ligne).
  10. ↑ « Liste chronologique des prĂ©sidents du Conseil des États depuis 1848 », sur L'AssemblĂ©e fĂ©dĂ©rale - Le Parlement suisse (consultĂ© le )
  11. ↑ « Numa Droz, Ă©lection », sur Site officiel de l'administration fĂ©dĂ©rale (consultĂ© le )
  12. 1 2 3 « Numa Droz, détails », sur Site officiel de l'administration fédérale (consulté le )