Ćmoto
« Unu Dio, Unu Mondo, Unu Interlingvo » (Un dieu, un monde, une interlangue) |
| Fondation |
1892 |
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| Type | |
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| SiĂšge | |
| Pays | |
| Langues de travail |
| Fondateurs | |
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| Dirigeant |
Kurenai Deguchi |
| Personnes clés | |
| Affiliation |
Ăditions Tensei-sha Fermes Aizen Mizuho Kai Fondation Aizen Shinko Kai Association Jinrui Aizen Kai |
| Site web |
Ćmoto (ć€§æŹæ, Ćmoto-kyĆ) est un mouvement religieux fondĂ© au Japon en 1892 par Nao Deguchi, sur le culte du dieu Konjin. Issu du ShintoĂŻsme, Ćmoto tend vers une reconnaissance des kamis. Le leader le plus charismatique en fut Onisaburo Deguchi, gendre de Nao. Depuis 2001, Ćmoto est dirigĂ© par Kurenai Deguchi (la cinquiĂšme dirigeante de son histoire).
De 1925 jusquâen 1933, le mouvement envoya des missionnaires en Europe pour recruter des adeptes en prĂ©sentant Deguchi Onisaburo comme le Messie qui unifierait le monde.
Ćmoto reconnaĂźt dâautres dieux (kamis) comme Ookunitokotachi, Ushitora et Hitsujisaru. Ćmoto considĂšre aussi Louis-Lazare Zamenhof, le fondateur de lâespĂ©ranto, comme un dieu. Cependant tous ces dieux seraient les diffĂ©rents aspects dâun seul.
Le sympathisant le plus connu du mouvement est le fondateur de lâaĂŻkido, Morihei Ueshiba. Aux siĂšges de Ćmoto Ă Ayabe et Ă Kameoka, on peut pratiquer lâaikido selon le fondateur O Sensei Ueshiba et le Ćmoto-budĆ qui est lĂ©gĂšrement diffĂ©rent.
Les deux principaux complexes religieux Ćmoto sont le Baisho-en Ă Ayabe et le Ten'on-kyo Ă Kameoka.
Fondation
[modifier | modifier le code]Le mouvement voit le jour en 1892, annĂ©e au cours de laquelle Nao Deguchi aurait reçu la visite dâun kami qui se serait prĂ©sentĂ© comme Ă©tant Ushitora no Konjin[1]. Celui-ci lui aurait racontĂ© sâĂȘtre laissĂ© convaincre par dâautres kamis de « vivre » en retrait sur lâĂźle Me-shima (de lâarchipel Danjo-guntĆ, Ă lâouest de KyĆ«shĆ«), tandis que les autres dirigeraient le monde. Mais 3 000 ans plus tard, Ushitora no Konjin sortant de sa retraite aurait constatĂ© un dĂ©sastre et dĂ©cidĂ© de reprendre le monde en mains. Il aurait alors choisi Nao Deguchi pour sâexprimer et fonder un mouvement, qui dĂ©cidera alors de transcrire sur papier sous Ă©criture automatique les instructions du kami, plutĂŽt que de le laisser sâexprimer par sa voix. Au cours de sa vie, environ 200 000 pages auront Ă©tĂ© Ă©crites par la fondatrice, le fameux ofudesaki.
Quelques annĂ©es plus tard Nao rencontre un jeune garçon, Kisaburo Ueda, qui deviendra Onisaburo Deguchi, son gendre et cofondateur du mouvement[2]. Celui-ci aurait Ă©galement reçu la visite dâun kami qui lâaurait guidĂ© vers une grotte du mont Takakuma, oĂč il aurait vĂ©cu une instruction spirituelle Ă travers une sĂ©rie dâexpĂ©riences extra-corporelles. Lorsquâils se rencontrent par hasard, Nao et Kisaburo pensent immĂ©diatement Ă une coĂŻncidence organisĂ©e par leur kami respectif. Ils dĂ©cident alors de collaborer, le jeune garçon sâoccupant de rĂ©diger correctement les textes transmis Ă la fondatrice par le kami via lâĂ©criture automatique. Bien quâil ait Ă©pousĂ© la cinquiĂšme fille de Nao, la prĂ©sidence du mouvement restera toujours attribuĂ©e Ă une femme, selon les prĂ©conisations dâUshitora no Konjin. Dans la tradition Ćmoto, ces dirigeantes sont toutes censĂ©es ĂȘtre directement guidĂ©es par cet esprit, ou ce dieu.
LâĂźle Me-shima est lâobjet d'un rituel effectuĂ© tous les cinq ans par les adeptes Ćmoto. La grotte du mont Takakuma est Ă©galement inscrite dans le calendrier des cĂ©lĂ©brations, comme lieu emblĂ©matique du cofondateur. La fondatrice elle-mĂȘme avait Ă©tĂ© initiĂ©e par le groupe spirituel mĂ©diumnique Konkokyo, fondĂ© par Bunjiro Kawate.
RĂ©pression: les incidents Ćmoto
[modifier | modifier le code]Dans les annĂ©es 1920, l'essor du mouvement, son rachat du quotidien TaishĆ nichinichi shinbun en 1920 et ses activitĂ©s tant au Japon qu'Ă l'Ă©tranger sont perçus par les autoritĂ©s comme un problĂšme social important. En 1921 survient le « premier incident Ćmoto » (Ćmoto jiken) : Onisaburo Deguchi est arrĂȘtĂ© et jugĂ© coupable de lĂšse-majestĂ© et de violation de la loi sur la presse. Le mouvement poursuit nĂ©anmoins son expansion et change de nom, passant de KĆdĆ Ćmoto (« grande origine de la voie impĂ©riale ») Ă la forme simplifiĂ©e Ćmoto (« grande origine »). Mais ses activitĂ©s politiques, notamment la formation du ShĆwa Seinenkai en 1929 puis du ShĆwa Shinseikai en 1934, inquiĂštent Ă nouveau les autoritĂ©s, qui interviennent lors du « second incident Ćmoto » de 1935 : Onisaburo est de nouveau arrĂȘtĂ©, le mouvement est entiĂšrement dissous et son quartier gĂ©nĂ©ral rasĂ©. Bien que reconnu coupable en premiĂšre instance, il est finalement libĂ©rĂ© et reprend ses activitĂ©s religieuses aprĂšs-guerre ; le mouvement est reconstituĂ© en 1946 sous le nom d'Aizen'en, avant de retrouver officiellement en 1952 le nom d'Ćmoto[3].
Textes de référence
[modifier | modifier le code]Le texte fondateur est celui rĂ©digĂ© par Nao Deguchi tout au long de sa vie, en Ă©criture automatique, sous lâinfluence directe du kami Ushitora no Konjin. La version originale, câest-Ă -dire issue de la main mĂȘme de la fondatrice, se nomme Ofudesaki, qui signifie « Ăcrits au fil du pinceau ». Ce titre avait Ă©tĂ© empruntĂ© aux textes rĂ©digĂ©s par Miki Nakayama, fondatrice du mouvement spirituel TenrikyĆ. La version amĂ©liorĂ©e par Onisaburo Deguchi, Ă©crite dans un japonais beaucoup plus littĂ©raire, est appelĂ©e Ćmoto shinyĆ« (性æŹç„è«), ou « RĂ©vĂ©lations de lâĆmoto », et comporte de nombreuses suspicions dâaltĂ©rations du texte original, dues Ă un travail de censure exercĂ© par le pouvoir impĂ©rial japonais de lâĂ©poque.
Le second corpus consiste en la retranscription Ă©crite des enseignements spirituels dictĂ©s de vive voix par Onisaburo Deguchi. Lâensemble est rĂ©uni en 81 volumes sous le titre global de Reikai monogatari, traduit par « RĂ©cit du monde spirituel ». Ces textes serviront plus tard de base Ă un autre mouvement religieux, le Aizen-en.
Les dates festives
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Setsubun le 3 février
[modifier | modifier le code]Ćmoto ajoute Ă cette fĂȘte traditionnelle de la fin de lâhiver, cĂ©lĂ©brĂ©e par tous au Japon, une signification particuliĂšre. Câest en effet pendant le setsubun de 1892 que la fondatrice Nao Degushi aurait reçu la visite dâun kami (esprit ou dieu), lui dĂ©livrant un message universel de paix, initiant la nouvelle religion. Ă cette occasion les fidĂšles sont invitĂ©s Ă opĂ©rer un grand rituel de purification, pour eux-mĂȘmes, leur famille et lâunivers. Les fidĂšles Ă©crivent prĂ©alablement leur nom et adresse sur un bordereau de papier, sur lequel est imprimĂ© la figure symbolique dâun ĂȘtre humain. Ces bouts de papier, qui reprĂ©sentent alors chacune des personnes, sont ensuite envoyĂ©s au centre Ćmoto dâAyabe, le Baisho-en, oĂč ils seront rassemblĂ©s, le , dans des jarres en terre cuite, afin que des prĂȘtres et prĂȘtresses les chargent de priĂšres toute la nuit durant, avant de les abandonner dans les eaux du fleuve Wachi, qui termineront de les purifier. Ce rituel est censĂ© « laver » les fidĂšles et leur famille de malheurs potentiels pour lâannĂ©e Ă venir.
Festival de printemps le 5 mai
[modifier | modifier le code]CĂ©lĂ©brĂ© sur le site dâAyabe, cet Ă©vĂ©nement rĂ©fĂšre Ă une croyance messianique prĂ©sente dans certains courants bouddhiques et adoptĂ©e par le shinto, Ă savoir lâavĂšnement de Maitreya, le prochain grand bouddha. LâidĂ©e dâune cĂ©lĂ©bration est dĂ©cidĂ©e en 1928, alors que le cofondateur Onisaburo Deguchi prend conscience le dâavoir atteint lâĂąge de 56 ans et 7 mois, un Ăąge vĂ©cu comme une coĂŻncidence numĂ©rologique divine. En effet, le nombre 567 aurait Ă©tĂ© attribuĂ© par le Shakyamuni Ă la venue de Miroku (transcription japonaise de Maitreya). Chaque , les fidĂšles sont donc conviĂ©s Ă des priĂšres destinĂ©es Ă rĂ©aliser cet avĂšnement.
Festival d'été
[modifier | modifier le code]OrganisĂ© au centre Ćmoto de Kameoka, ce festival (matsuri) commence chaque onziĂšme jour du septiĂšme mois lunaire, c'est-Ă -dire durant le mois d'aoĂ»t, et coĂŻncide avec des fĂȘtes traditionnelles dâĂ©tĂ©. Il honore la naissance dâOnisaburo Deguchi et son rĂŽle essentiel pour le salut de l'HumanitĂ©. La nuit qui prĂ©cĂšde, des poĂšmes sont chantĂ©s Ă haute voix, puis les fidĂšles s'engagent dans des priĂšres pour la paix et le bien dans le monde. La cĂ©lĂ©bration se termine par des danses traditionnelles, dont celle du Miroku (Miroku-odori) censĂ©e attirer lâembarcation de Maitreya.
Festival d'automne le 6 novembre
[modifier | modifier le code]Il se tient au Baisho-en dâAyabe, en lâhonneur de la fondatrice Nao Deguchi et de ses Ćuvres pour le bien de lâhumanitĂ©. Les fidĂšles en profitent Ă©galement pour accueillir la rĂ©colte du riz nouveau, comme il est de tradition au Japon.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- â (en) « Frequently Asked Questions About Oomoto », sur Oomoto.or.jp, Consulter l'article.
- â (en) Nancy K. Stalker, « Prophet Motive: Deguchi Onisaburo, Oomoto and the Rise of New Religion in Imperial Japan », University Of Hawaii, 2008, (ISBN 0-8248-3226-4).
- â (it) Marco Milone, Lo scintoismo, Naples, Guida Editori, (ISBN 9788868667603), p. 395-396
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (mul)Â Site officiel
- Site officiel (en anglais et en espéranto)
- Deguchi Onisaburo