Tributum
Le tributum est, sous la République romaine, une contribution pour financer l'armée payée par les citoyens selon leur fortune fonciÚre. à l'époque impériale, au contraire, ce sont les hommes libres non citoyens qui sont redevables de cet impÎt direct.
Historique
[modifier | modifier le code]Selon la tradition, le tributum est instaurĂ© lors du long siĂšge contre VĂ©ies (406 Ă 396 av. J.-C.) en mĂȘme temps que la crĂ©ation d'une prime (stipendium) pour les soldats, financĂ©e par ce tributum. De la sorte, les citoyens mobilisables qui ne sont pas enrĂŽlĂ©s et ne prennent pas part au siĂšge contribuent nĂ©anmoins Ă l'effort de guerre[1],[2].
Le tributum nâest pas un impĂŽt rĂ©gulier mais est une contribution exceptionnelle aux dĂ©penses exceptionnelles, induites par lâĂ©tat de guerre. Son montant total est dĂ©terminĂ© par le consul et le SĂ©nat en mĂȘme temps que les prĂ©visions de dĂ©penses de guerre[3]. Cette contribution peut ĂȘtre restituĂ©e aux citoyens avec les bĂ©nĂ©fices obtenus par une guerre victorieuse, comme en 187 av. J.-C. quand le butin fait par Cnaeus Manlius Vulso sur les Galates permet le remboursement partiel du tributum des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes[4],[5]. Sa perception est suspendue Ă partir de 167 av. J.-C. grĂące Ă lâĂ©norme butin fait par Paul Ămile sur PersĂ©e de MacĂ©doine[6], puis avec lâexploitation des mines de MacĂ©doine et Ă l'apport financier des provinces, sans ĂȘtre supprimĂ© dans son principe, puisqu'il est temporairement rĂ©tabli en 43 av. J.-C. lors des guerres civiles[2].
Sous l'Empire, les hommes libres qui ne sont pas citoyens romains doivent payer le tributum, qui est alors un impĂŽt direct. Les citoyens ne paient pas le tributum.
Perception
[modifier | modifier le code]Tous les citoyens mobilisables sont taxés, ce qui exempte les citoyens les plus pauvres et les prolétaires. Les veuves et les orphelins qui disposent d'un patrimoine taxable ne paient pas le tributum, mais financent l'achat et l'entretien des chevaux de guerre (aes equestre et aes hordearium)[2].
Le taux du tributum est considĂ©rĂ© par les historiens comme fixe et calĂ© Ă 1/1000 du patrimoine foncier possĂ©dĂ© par le citoyen et dĂ©terminĂ© par le cens, taux qui selon Claude Nicolet est peu probable : le montant total Ă percevoir Ă©tant fixĂ© Ă lâavance, et le nombre de contribuables pouvait diminuer considĂ©rablement lorsquâune guerre importante mobilisait un grand nombre de citoyens, exemptĂ©s de tributum durant leur service. Le taux dâimposition devait donc ĂȘtre modulĂ© en consĂ©quence[7]. Le tributum Ă©tait collectĂ© par des tribuni aerarii, qui faisait lâavance des sommes au TrĂ©sor public et les recouvraient ensuite sur les contribuables[8].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- â Tite-Live, IV, 59-60.
- 1 2 3 Nicolet 2001, p. 246.
- â Nicolet 2001, p. 245.
- â Tite-Live, XXXIX, 7, 4-5-2
- â Nicolet 2001, p. 256.
- â ValĂšre-Maxime, IV, 3, 8Â ; Plutarque, Vie de Paul-Ămile, 38
- â Nicolet 2001, p. 254.
- â Nicolet 2001, p. 262.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- JĂ©rĂŽme France, Tribut. Une histoire fiscale de la conquĂȘte romaine, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Scripta antiqua », , 530 p. (ISBN 978-2-251-45178-7).
- Michaël Girardin, L'offrande et le tribut. Histoire politique de la fiscalité en Judée hellénistique et romaine (200 a.C. - 135 p.C.), Bordeaux, Ausonius, coll. « Scripta antiqua » (no 152), , 541 p. (ISBN 978-2-35613-435-6, lire en ligne).
- Claude Nicolet, Rome et la conquĂȘte du monde mĂ©diterranĂ©en 264â27 av. J.-C., Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio, l'Histoire et ses problĂšmes », , 10e éd. (1re éd. 1979), 462 p. (ISBN 2-13-051964-4).
- Claude Nicolet, Tributum, recherche sur la fiscalité directe sous la République romaine, série "Antiquitas", 25, Bonn, Habelt, 1976, p. 27 à 56