× Annonce

Chers usagers du portail lexical du CNRTL,

AprÚs vingt ans de bons et loyaux services, la version actuelle du portail sera prochainement remplacée par une nouvelle version au 1er septembre 2026. Celle-ci apporte une refonte complÚte de l'interface adaptée à tous les supports (ordinateurs, tablettes, smartphones) et inclut également de nouvelles ressources.

Vous pouvez tester la nouvelle version ici : Portail lexical

En vous remerciant,

L'équipe du CNRTL
Police de caractĂšres:

Surligner les objets textuels
Colorer les objets :
 
 
 
 
 
 

Entrez une forme

options d'affichagecatégorie :
LANCE 1, subst. fém.
A. − Arme composĂ©e d'un long manche terminĂ© par une pointe de fer surtout utilisĂ©e par les cavaliers, et que, dans l'AntiquitĂ©, on tenait Ă  la main ou jetait devant soi, puis qui Ă©tait soutenue Ă  hauteur de poitrine par un arrĂȘt ou un crochet de fer (cf. dard1A 1 a). Lance en bronze; la pointe de la lance; lever, manier la lance, tenir la lance en arrĂȘt; Ă  coups de lance. Le futur chevalier, une fois ses Ă©tudes faites, a appris ce qui est proprement de sa profession : monter Ă  cheval, manier la lance et l'Ă©pĂ©e (Faral, Vie temps st Louis,1942, p. 31):
1. Chaque fois que Joseph montait dans sa voiture et saisissait le volant entre ses mains gantĂ©es, il Ă©prouvait un sentiment comparable Ă  celui du chevalier, qui, tout roide en son armure, (...) la lance en arrĂȘt, part pour la conquĂȘte du monde... Duhamel, Passion J. Pasquier,1945, p. 29.
1. Spécialement
a) Lance courtoise, lance mousse (Ac. 1798-1878). Lance gracieuse (Littré). Lance dont le fer n'était pas pointu, utilisée dans les joutes.
b) MYTH. GR. Lance d'Achille. Lance avec laquelle Achille infligea une blessure qui ne put ĂȘtre guĂ©rie qu'avec de la rouille prĂ©levĂ©e de cette lance (d'apr. Cass.-Moir. 1979).
♩ P. mĂ©taph. Les Français pourront ĂȘtre arrĂȘtĂ©s, repoussĂ©s, mais jamais humiliĂ©s, ni forcĂ©s Ă  rien. Les choses changeront, mais le changement s'opĂ©rera par eux. C'est la lance d'Achille, elle seule peut guĂ©rir les plaies qu'elle a faites (J. de Maistre, Corresp., t. 10, 1807, p. 370).
c) RELIG. Sainte lance. ,,Lance dont une tradition lĂ©gendaire disait qu'elle avait servi au soldat pour percer le cĂŽtĂ© de JĂ©sus crucifiĂ©. Elle Ă©tait vĂ©nĂ©rĂ©e Ă  JĂ©rusalem aux vieet viiesiĂšcles; elle le fut ensuite Ă  Constantinople`` (VogĂŒĂ©-Neufville 1971). Le miracle se produisit. Ce fut la dĂ©couverte de la sainte lance. À la suite d'une vision, un pĂšlerin provençal, Pierre BarthĂ©lemy, l'exhuma le 14 juin sous les dalles d'une des Ă©glises d'Antioche (Grousset, Croisades,1939, p. 38).
2. Locutions
a) Vieilli. Baisser la lance. S'avouer vaincu.
♩ Au fig., vx. Baisser la lance (Ac. 1798-1935). CĂ©der, s'incliner.
b) Briser des lances; rompre une, des lance(s).
α) Se battre. Les champions brisÚrent leurs lances (Ac.1798-1935).Il rompit trois lances pour les dames (Ac.1835-1935).
ÎČ) Au fig.
♩ Rompre une, des, la lance(s) avec, contre qqn. Soutenir une discussion, une controverse contre quelqu'un. Je ne romprai pas de lances avec les Ă©conomistes qui veulent Ă  tout prix raisonner sur un univers exempt de toute organisation et de toute prĂ©vision (Perroux, Écon. xxes., 1964, p. 501).
♩ Rompre une, des lance(s) pour qqn (Ac. 1798-1935). DĂ©fendre quelqu'un contre ceux qui l'attaquent.
♩ Briser des lances (rare). Sa modĂ©ration lui manqua subitement; il se mit en avant tout entier, il brisa des lances envers et contre tous (...) pour la musique italienne (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 4, 1851, p. 537).
c) Loc., vx. (Être venu) à beau pied sans lance (ds Ac. 1798). (Être venu) à pied.
3. Au fig. Ce qui blesse, qui fait mal comme une arme pointue. Le visage piquĂ© par les mille lances de l'inquiĂ©tude, fiĂ©vreux (Balzac, Lettres Étr., t. 2, 1843, p. 171).Chaque corps que je croiserai, combien mĂ©diocre auprĂšs du sien, me donnera le coup de lance d'amour (Montherl., Songe,1922, p. 205).La lance de la solitude vous atteint oĂč que vous soyez (Giono, Poids du ciel,1938, p. 160).
B. − [P. anal. de forme] Objet de forme allongĂ©e et pointue.
1. Ornement en fer dont on garnit le haut des barreaux d'une grille. Fer* de lance. De chaque cĂŽtĂ© de la grille, s'Ă©tend un saut de loup dont la double crĂȘte est garnie des lances et des dards les plus menaçants, de vĂ©ritables hĂ©rissons en fer (Balzac, Paysans,1844-50, p. 6).La jeune fille le vit un moment ainsi de profil, au-dessus des houx, derriĂšre les lances de fer de la clĂŽture (France, Jocaste,1879, p. 9).Il me conduisait depuis la grille aux lances dorĂ©es jusqu'Ă  l'escalier monumental (Alain, Propos,1908, p. 42).
2. AGRON. ,,Branche droite; tige effilĂ©e garnie de branches`` (Plais. 1969). À gauche, comme un nid de serpents, une maisonnette envahie par les ronces, les jets, les lances, les mille tiges, les Ă©paisses ramures tourmentĂ©es comme des ceps (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 105).
3. Instrument, outil présentant une forme allongée et terminé en pointe. On tire la fusée en mettant le feu à sa mÚche à l'aide d'une lance à feu fixée à une longue baguette (Chalon, Explosifs mod.,1911, p. 398).
− Lance Ă  eau, d'arrosage, d'incendie et, p. ell., lance. Ajutage mĂ©tallique adaptĂ© Ă  l'extrĂ©mitĂ© d'un tuyau d'arrosage ou de pompe, et qui sert Ă  diriger le jet d'eau. Le pompier d'extrĂȘme-droite laissa tomber sa lance, demeura un instant suspendu Ă  l'Ă©chelle par un pied, tomba dans le feu (Malraux, Espoir,1937, p. 768):
2. J'ai vu Pierre il y a quinze jours. En arrivant chez lui, je l'ai aperçu dans son jardin petit mais voisin, trÚs voisin, d'arbres gigantesques (pour Paris); il arrosait un gazon à la lance avec bonheur, en redingote. Valéry, Corresp., [avec Gide], 1903, p. 398.
− PÊCHE. Tige longue et pointue, dĂ©montable, qui termine la canne Ă  pĂȘche. V. darder I A 1 a ex. Voy. La PĂ©rouse, t. 3, 1797, p. 236.
− GÉNIE CIVIL. Tuyau mĂ©tallique permettant d'injecter de l'air comprimĂ© ou de l'eau Ă  la base d'un pieu pour en faciliter l'enfoncement. Le fluide brĂ»lant [jet de vapeur d'abattage] est amenĂ© par des lances creuses (...) assemblĂ©es en tridents (Haton de La GoupilliĂšre, Exploitation mines,1905, p. 458).Le mĂ©lange peut ĂȘtre transportĂ© sec dans l'appareil et humidifiĂ© Ă  la sortie de la lance (BĂ©ton1976).
Prononc. et Orth. : [lɑ ̃:s]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 « arme d'hast » (Roland, Ă©d. J. BĂ©dier, 541); 1367 fer de lance (Prost, Inventaires, t. 1, no646); 2. 1288 [ms.] p. mĂ©ton. « guerrier armĂ© de la lance » (Roman de ThĂšbes, ms. B.N. fr. 375, 7024 ds L. Constans, La lĂ©gende d'ƒdipe [...], p. 166); 3. p. anal. de forme 1676 « spatule pour travailler le stuc » (FĂ©libien); 1867 lance Ă  incendie (L. Simonin, La vie souterraine, Paris, Hachette, p. 165). Du lat. lancea « lance, pique ». FrĂ©q. abs. littĂ©r. : 1 011. FrĂ©q. rel. littĂ©r. : xixes. : a) 1 893, b) 1 325; xxes. : a) 1 293, b) 1 199. Bbg. Chautard Vie Ă©trange Arg. 1931, p. 223. - Quem. DDL t. 9. - Sain. Arg. 1972 [1907], p. 49, 53, 136.