mardi 11 décembre 2012
vendredi 27 juillet 2012
mercredi 25 juillet 2012
Olivier Vrignon, je t'aime d'amour pur.
C'est pas tous les jours que quelqu'un comprend exactement ce qu'on a voulu faire... Et surtout qu'il l'aime !
Rendons hommage Ă Olivier Vrignon...
Pour voir la chronique directement sur BD Gest et commander directement tes 10 albums, suis le lien sous l'article, jeune lecteur avide de sensations fortes !
http://www.bdgest.com/chronique-5172-BD-Snuff-Dans-la-vallee-des-ombres.html
Rendons hommage Ă Olivier Vrignon...
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Ah oui, tant que tu y es, n'oublie pas non plus de commander le magnifique premier tome de Snuff (La Mélodie du Bonheur) ! Et puis les volumes 1 et 2 de Commando Torquemada, ainsi que l'intégrale (on ne sait jamais, ça peut toujours servir). Et aussi les deux Titine à Charleroi ! Et précommande La Dame Dragon (1 et 2) ! Et Indeh (Croisons les doigts !)...
Ethan a acceptĂ©, bon grĂ© mal grĂ©, de mener une enquĂŞte pour le compte d’Alejandro Gutierrez. Cet ancien magnat latino-amĂ©ricain souhaite venger la perte de sa fille, ignominieusement mise Ă mort dans un « snuff movie ». Ses investigations pour retrouver son unique piste, Paco Del Rio, lui valent surtout de se faire repĂ©rer par la police locale. SauvĂ© par Inès, une rĂ©volutionnaire qui veut Ă©galement retrouver Del Rio, il s’engage dans une expĂ©dition Ă travers une jungle hostile contrĂ´lĂ©e par des AmĂ©rindiens rĂ©voltĂ©s.
Pas facile d’Ă©voquer Snuff tant l’objet se dĂ©marque des productions classiques. La lecture de cette sĂ©rie fait penser tout Ă la fois Ă San Antonio, Michel Audiard (en particulier Les Tontons Flingueurs) ou encore Tarantino. Pourquoi ces rĂ©fĂ©rences ?
- Du polar ? Y en a !
- De l’aventure dans des jungles hostiles ? Y en a !
- De la violence ? Y en a !
- De l’humour ? Y en a !
- Du cynisme ? Y en a !
- Des répliques qui percutent ? Y en a !
C’est ce dernier point qui frappe immĂ©diatement : la qualitĂ©, la force des dialogues. Certes, Philippe Nihoul n’utilise pas l’argot, mais ses joutes verbales sont tout aussi mordantes, percutantes, savoureuses et dĂ©calĂ©es que celles faisant un des points forts des oeuvres des auteurs prĂ©citĂ©s.
L’autre point de comparaison se situe au niveau de l’intrigue mĂŞme. Elle n’a finalement que peu d’importance, elle n’est qu’un prĂ©texte. Ce qui prĂ©sente de l'intĂ©rĂŞt, ce n’est pas oĂą vont les protagonistes, mais pourquoi et comment ils y vont. La structure de l’Ĺ“uvre se bâtit autour de l’alternance de scènes violentes et d’autres plus calmes donnant lieu Ă des situations mĂŞlant l’humour noir, l'absurde et la parodie.
La dernière analogie se situe au niveau des acteurs. Ils sont ! Ils occupent l’espace, ils sont au centre du rĂ©cit. Dans ce second opus, l’apparition d’un personnage fĂ©minin particulièrement attrayant et qui va former un duo improbable avec Ethan, constitue un bon prĂ©texte Ă des duels verbaux sur fond de romance impossible, avec des Ă©motions Ă fleur de peau, entre sourires et larmes. IsmaĂ«l - l’ange gardien, le confesseur, l’ange de la vengeance, le pacificateur - moins visible que dans le tome prĂ©cĂ©dent, mais dont les interventions gardent justesse et truculence, rappelle toujours autant Jules de Pulp Fiction. Le mystère autour de sa personne et de ses intentions va en s’Ă©paississant. Si Ethan semble retrouver un certain goĂ»t Ă la vie, cette dernière est toujours aussi peu simple et fournit des tribulations plutĂ´t jouissives.
L’enquĂŞte sur les « snuff movies » semble très loin pour le moment. Ce qui avait commencĂ© comme une sĂ©rie noire bascule dans les « aventuriers de la jungle maudite », cependant Philippe Nihoul n’accumule pas tous ces genres, tous ces codes, pour en faire un inventaire. Il les triture, les malaxe, les Ă©parpille (façon puzzle) pour mieux les recrĂ©er, les utiliser et leur rendre hommage.
Dans la gamme dĂ©jantĂ©e, le graphisme de Xavier Lemmens figure en bonne position. Sa ligne claire, anguleuse et dynamique propose des planches Ă©purĂ©es, presque caricaturales. L’utilisation surprenante de la couleur, le travail sur les expressions et sur les ombres, crĂ©ent une ambiance en parfaite adĂ©quation avec l’esprit de l’Ă©popĂ©e. Son dessin peut sans doute difficilement prĂ©tendre au qualificatif de « beau », dans le sens d’un visuel qui vous fait, Ă lui seul, acheter le livre. Il ne se livre pas aussi facilement, son efficacitĂ©, son originalitĂ©, ne s’offrant qu’Ă celui qui va prendre le temps de s’y plonger, qui fera l’effort de le comprendre, de le ressentir.
Les partis pris narratifs et visuels de Snuff en font une BD inclassable, ce qui, de nos jours, constitue certainement un handicap pour percer. Le chemin proposĂ© au lecteur Ă©tant plutĂ´t sinueux et touffu, certains se perdront en route. Compte tenu du talent dĂ©ployĂ© jusqu’ici par les deux compères, bousculant les habitudes et les rĂ©fĂ©rences, il serait dommage de ne pas tenter l’excursion.
Pas facile d’Ă©voquer Snuff tant l’objet se dĂ©marque des productions classiques. La lecture de cette sĂ©rie fait penser tout Ă la fois Ă San Antonio, Michel Audiard (en particulier Les Tontons Flingueurs) ou encore Tarantino. Pourquoi ces rĂ©fĂ©rences ?
- Du polar ? Y en a !
- De l’aventure dans des jungles hostiles ? Y en a !
- De la violence ? Y en a !
- De l’humour ? Y en a !
- Du cynisme ? Y en a !
- Des répliques qui percutent ? Y en a !
C’est ce dernier point qui frappe immĂ©diatement : la qualitĂ©, la force des dialogues. Certes, Philippe Nihoul n’utilise pas l’argot, mais ses joutes verbales sont tout aussi mordantes, percutantes, savoureuses et dĂ©calĂ©es que celles faisant un des points forts des oeuvres des auteurs prĂ©citĂ©s.
L’autre point de comparaison se situe au niveau de l’intrigue mĂŞme. Elle n’a finalement que peu d’importance, elle n’est qu’un prĂ©texte. Ce qui prĂ©sente de l'intĂ©rĂŞt, ce n’est pas oĂą vont les protagonistes, mais pourquoi et comment ils y vont. La structure de l’Ĺ“uvre se bâtit autour de l’alternance de scènes violentes et d’autres plus calmes donnant lieu Ă des situations mĂŞlant l’humour noir, l'absurde et la parodie.
La dernière analogie se situe au niveau des acteurs. Ils sont ! Ils occupent l’espace, ils sont au centre du rĂ©cit. Dans ce second opus, l’apparition d’un personnage fĂ©minin particulièrement attrayant et qui va former un duo improbable avec Ethan, constitue un bon prĂ©texte Ă des duels verbaux sur fond de romance impossible, avec des Ă©motions Ă fleur de peau, entre sourires et larmes. IsmaĂ«l - l’ange gardien, le confesseur, l’ange de la vengeance, le pacificateur - moins visible que dans le tome prĂ©cĂ©dent, mais dont les interventions gardent justesse et truculence, rappelle toujours autant Jules de Pulp Fiction. Le mystère autour de sa personne et de ses intentions va en s’Ă©paississant. Si Ethan semble retrouver un certain goĂ»t Ă la vie, cette dernière est toujours aussi peu simple et fournit des tribulations plutĂ´t jouissives.
L’enquĂŞte sur les « snuff movies » semble très loin pour le moment. Ce qui avait commencĂ© comme une sĂ©rie noire bascule dans les « aventuriers de la jungle maudite », cependant Philippe Nihoul n’accumule pas tous ces genres, tous ces codes, pour en faire un inventaire. Il les triture, les malaxe, les Ă©parpille (façon puzzle) pour mieux les recrĂ©er, les utiliser et leur rendre hommage.
Dans la gamme dĂ©jantĂ©e, le graphisme de Xavier Lemmens figure en bonne position. Sa ligne claire, anguleuse et dynamique propose des planches Ă©purĂ©es, presque caricaturales. L’utilisation surprenante de la couleur, le travail sur les expressions et sur les ombres, crĂ©ent une ambiance en parfaite adĂ©quation avec l’esprit de l’Ă©popĂ©e. Son dessin peut sans doute difficilement prĂ©tendre au qualificatif de « beau », dans le sens d’un visuel qui vous fait, Ă lui seul, acheter le livre. Il ne se livre pas aussi facilement, son efficacitĂ©, son originalitĂ©, ne s’offrant qu’Ă celui qui va prendre le temps de s’y plonger, qui fera l’effort de le comprendre, de le ressentir.
Les partis pris narratifs et visuels de Snuff en font une BD inclassable, ce qui, de nos jours, constitue certainement un handicap pour percer. Le chemin proposĂ© au lecteur Ă©tant plutĂ´t sinueux et touffu, certains se perdront en route. Compte tenu du talent dĂ©ployĂ© jusqu’ici par les deux compères, bousculant les habitudes et les rĂ©fĂ©rences, il serait dommage de ne pas tenter l’excursion.
O. Vrignon
http://www.bdgest.com/chronique-5172-BD-Snuff-Dans-la-vallee-des-ombres.html
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