Fontaines des Landes
Le dĂ©partement français des Landes compte 256 fontaines ou sources dites « guĂ©risseuses » (Ă©galement appelĂ©es « de dĂ©votion », ou « miraculeuses »), soit plus de 10 % des 2000 fontaines christianisĂ©es recensĂ©es en France[1],[2]. PrĂšs de cent trente sont recensĂ©es uniquement dans la partie forestiĂšre du dĂ©partement[3], qui compte parmi les rĂ©gions françaises possĂ©dant la plus forte densitĂ© de fontaines de dĂ©votion, aprĂšs le Limousin, lâAuvergne et le PĂ©rigord[4]. Elles constituent des Ă©lĂ©ments remarquables du petit patrimoine rural du dĂ©partement[5].
Ătymologie
[modifier | modifier le code]« Source » et « fontaine » ont dans les Landes un sens proche. Cette particularitĂ© s'explique par le terme gascon Hont (et ses variantes locales Houn ou Font), qui dĂ©signent indiffĂ©remment une source et une fontaine[6]. Quand il veut ĂȘtre plus prĂ©cis, le gascon emploie les expressions :
- « l'uelh de la hont » (l'Ćil de la fontaine) pour dĂ©signer la source Ă ciel ouvert et non amĂ©nagĂ©e[6],
- « ygaas », « tosse » (abreuvoir) pour désigner des aménagements ; il n'est pas impossible par exemple de trouver un lavoir à proximité de la source, lieu de la bugade (lessive) d'autrefois[7].
L'amĂ©nagement, quand il existe, est plus ou moins Ă©laborĂ©. Le plus souvent rudimentaire, il est fait dâune simple margelle en pierres, dâun abri et dâun canal dâĂ©vacuation, qui distingue la fontaine du simple trou dâeau caractĂ©ristique de la source[8].
Mais dans le langage courant, cette diffĂ©rence nâest pas toujours respectĂ©e, et un mĂȘme site peut ĂȘtre indiffĂ©remment dĂ©signĂ© sous lâappellation « source » ou « fontaine » par les populations qui le cĂŽtoient[6].
Présentation
[modifier | modifier le code]Les Landes de Gascogne sont un pays d'eau. LâomniprĂ©sence de cet Ă©lĂ©ment a laissĂ© sa marque dans le toponyme de la rĂ©gion Aquitaine (issu du latin Aquitania, le pays de lâeau)[9], ou de villes comme Dax (dont le premier nom fut AquĂŠ TarbellicĂŠ, qui signifie « les eaux des Tarbelles »), ou encore Hontanx (dĂ©rivĂ© de « Hont »)[10]. Mais, selon leur nature, les eaux y sont perçues :
- soit comme néfastes : eaux stagnantes, croupissantes et malsaines des lagunes et marais de jadis, contre lesquelles l'Homme a lutté pendant des siÚcles[n 1],
- soit comme bienfaisantes : eaux vives et bénéfiques des sources thermales et des fontaines, depuis longtemps connues par la population pour leurs vertus curatives[1].
Si les sources et fontaines de dévotion de Chalosse offrent un débit régulier, celles des Landes de Gascogne sont souvent à débit plus faible. à cÎté des riviÚres et des ruisseaux, elles sont souvent des résurgences ou le résultat de ruissellements qui forment une étendue d'eau naturelle. La faiblesse du débit et un écoulement lent en ternissent parfois l'aspect. Souvent, de simples vasques ont été aménagées, alimentées par les eaux récupérées par une canalisation, créant un bassin destiné aux ablutions. Les fontaines et leurs eaux prennent différents aspects :
- certaines sont de type artésien et laissent apparaßtre des remous de sable venu des profondeurs (exemple : fontaine Sainte-Marie-Madeleine de SindÚres)[7].
- d'autres brassent des particules ferrugineuses qui produisent une couleur rouille (le fer abondait dans le sous-sol landais en raison de la présence de garluche, exploitée par l'industrie sidérurgiques des anciennes forges : forge de Brocas, forge d'Uza, forge de Pontenx, forge de Pissos, forge de Castets (exemple : fontaine Saint-Jean d'Onesse-et-Laharie)[7]
- d'autres enfin, comme dans les eaux thermales, contiennent du soufre (fontaine de Suzan)[7].
Historique
[modifier | modifier le code]Depuis la nuit des temps, lâhomme vit sur la terre, cette planĂšte ronde avec cet Ă©lĂ©ment mystĂ©rieux, fuyant et indispensable : lâeau. Ce sont les eaux chaudes, apaisantes et bienfaisantes, qui ont le plus fascinĂ© les hommes qui sont venus Ă leur rencontre.
De lĂ vient le thermalisme. Au fil des siĂšcles, cette pratique nâa cessĂ© de se dĂ©velopper partout dans le monde. Des modes, des rites et parfois des dĂ©boires ont accompagnĂ© lâhistoire des sources chaudes. Les Gaulois, les celtes, les Ătrusques, les Ăgyptiens et les Grecs les avaient adoptĂ©s bien avant les Romains. Puis, lâHistoire nous apprend que ces bains chauds furent un vĂ©ritable art de vivre pour les Romains. En conquĂ©rant la Gaule et ses sources chaudes Ă la fois brĂ»lantes et fragiles, ils nous ont laissĂ© de nombreuses traces de leur passage dont ici dans les Landes[11].
Avant l'arrivĂ©e de la mĂ©decine moderne, les habitants des villages landais ont longtemps pratiquĂ© une forme rudimentaire dâhydrothĂ©rapie en frĂ©quentant les fontaines dites « guĂ©risseuses » (hont guaridora, medicinaira ou pregandaire)[5], ou les eaux de l'ocĂ©an. Selon une ancienne croyance populaire Ă Mimizan, aller se tremper les pieds dans le golfe de Gascogne le premier mai pouvait prĂ©senter des vertus curatives[12].
Le monde moderne attestera dans certains cas les vertus prĂ©ventives prĂȘtĂ©es Ă l'eau et les reprendra Ă son compte sous diverses formes. Le XIXe siĂšcle voit le dĂ©veloppement du thermalisme autour de la fontaine chaude de Dax ou des sources d'EugĂ©nie-les-Bains, entĂ©rinant une pratique dĂ©jĂ ancienne. Ă partir de la deuxiĂšme moitiĂ© du XIXe siĂšcle et jusqu'Ă la Seconde Guerre mondiale, les bains de mer Ă visĂ©e thĂ©rapeutique deviennent Ă la mode et les stations balnĂ©aires naissantes se dotent d'Ă©tablissements destinĂ©s Ă soulager les maladies pulmonaires. C'est notamment le cas du prĂ©ventorium Sainte-EugĂ©nie Ă Capbreton ou de l'hydrothĂ©rapie de Mimizan. L'aprĂšs-guerre voit le dĂ©veloppement de la thalassothĂ©rapie et la commercialisation d'eaux minĂ©rales accompagnant une recherche nouvelle du bien-ĂȘtre[13].
- Fontaine chaude à Dax. Depuis l'Antiquité la Fontaine chaude, ou source de La NÚhe, se situe en centre-ville de Dax, témoignant des origines gallo-romaines de la ville.
Concernant les eaux de source aux qualitĂ©s ferrugineuses et sulfureuses, elles faisaient partie des faibles moyens thĂ©rapeutiques qui ont pendant des siĂšcles accompagnĂ© hommes et femmes de leur naissance Ă leur mort, rĂ©vĂ©lateurs de leurs conditions sanitaires prĂ©caires, du manque dâhygiĂšne et des carences alimentaires dans les Landes d'autrefois[1].
La frĂ©quentation de ces sources remonte sans doute aux temps prĂ©historiques, comme semblent en attester les pierres polies dĂ©couvertes Ă proximitĂ© (cas notamment Ă la source Saint-Clair dâYgos). Des fouilles ont Ă©galement mis en Ă©vidence la prĂ©sence de piĂšces de monnaie de diffĂ©rentes Ă©poques, laissĂ©es prĂšs des fontaines en offrande[4].
CachĂ©es dans les bois ou Ă l'inverse visibles en lisiĂšre de forĂȘt, les fontaines prennent tour Ă tour la forme d'un oratoire dĂ©diĂ© Ă la Vierge Marie ou au saint tutĂ©laire, d'un bassin, d'un lavoir, ou d'une simple source signalĂ©e par un panneau, une croix, un tronc Ă offrandes ou un bouquet de fleurs coupĂ©es. Toutes les fontaines ne possĂšdent en effet pas de bĂąti maçonnĂ©, elles sont souvent captĂ©es dans une vasque et sont le plus gĂ©nĂ©ralement Ă ciel ouvert. Dans certains cas, une chapelle (capĂšra en gascon) a Ă©tĂ© construite Ă proximitĂ© de la source (comme celle de Suzan, la chapelle Notre-Dame-d'Arosse ou la chapelle des Trois Fontaines d'Ychoux) comme point de dĂ©part de processions religieuses[14].
- Panneau signalant la discrĂšte prĂ©sence en forĂȘt de la fontaine Sainte-Marie-Madeleine de Contis.
- BĂąti en dur de la fontaine Mondiron Ă Dumes.
- Bassin délimité par des pierres et des planches de la fontaine de Bayonne à Haut-Mauco.
- Fontaine Saint-Clair d'Ygos, aménagée en lavoir.
- Saint-Pantaléon de Campagne à l'arriÚre de l'église.
La frĂ©quentation des fontaines dans un but curatif, superposant ferveur religieuse et antiques pratiques paĂŻennes, a ainsi perdurĂ© dans les campagnes landaises les plus reculĂ©es jusqu'Ă la fin des annĂ©es 1960, avant que la fin des superstitions, la gĂ©nĂ©ralisation de la mĂ©decine moderne, le recul de la pratique religieuse et lâexode rural nây mettent un terme[4]. Si les sources restent de nos jours frĂ©quentĂ©es par quelques fidĂšles, les processions avec bĂ©nĂ©diction organisĂ©es Ă l'occasion de la fĂȘte du saint tutĂ©laire conduites par le prĂȘtre de la paroisse sont devenues trĂšs rares[14]. NĂ©anmoins, les communes rurales sâintĂ©ressent Ă nouveau Ă ce petit patrimoine local au dĂ©but des annĂ©es 2000 et tentent de le remettre en valeur afin de le sauvegarder de lâoubli et de dynamiser la frĂ©quentation touristique.
Pratiques
[modifier | modifier le code]Ces fontaines, souvent placĂ©es sous le patronage dâun saint chrĂ©tien, Ă©taient peu onĂ©reuses et faciles Ă utiliser. Les populations locales s'y rendaient :
- soit Ă date fixe, en pĂšlerinages qui prenaient la forme de processions religieuses menĂ©es par le prĂȘtre de la paroisse, parfois associĂ©es avec le temps Ă des fĂȘtes profanes ou des foires, principal mode de communication de la Haute-Lande Ă l'Ă©poque (c'est notamment le cas de l'assemblade[n 2] de la Saint-Michel autour de la source Saint-Jean-Baptiste Ă Ousse-Suzan)[14]
- ou bien à un autre moment de l'année, au moins une fois par an, sur démarche individuelle et souvent discrÚte[8].
Il Ă©tait possible, si l'on ne pouvait soi-mĂȘme se rendre sur les lieux, de demander Ă quelqu'un de faire « le voyage », certaines personnes faisant la profession de pĂšlerin[15]. Les pĂšlerins de Saint-Jacques de Compostelle de passage y faisaient quant Ă eux Ă©tape pour y soulager leurs maux[1].
On y vĂ©nĂ©rait le saint patron gardien de la fontaine, on demandait Ă©galement la pluie, un conjoint, une descendance, mais surtout, la santĂ©[15]. Dans ce dernier cas, on y procĂ©dait Ă des ablutions ou on s'y immergeait, afin de guĂ©rir les maladies de peau, favoriser la maternitĂ© ou la lactation, ou encore soigner diverses douleurs. Dans certains cas, les malades pouvaient se dĂ©vĂȘtir dans des abris bĂątis en dur autour de la fontaine les protĂ©geant des regards.
Trois sources s'Ă©chelonnent auprĂšs du ruisseau d'Escource, prĂšs de Cap de Pin sur la comme d'Escource[16]. Avant de choisir, il fallait prĂ©alablement passer devant une « recommandeuse » (« recommandayre » en gascon) qui, comme son nom l'indique, recommandait la fontaine Ă utiliser et le rituel Ă suivre selon la maladie Ă traiter pour obtenir la guĂ©rison (Saint-Antoine de Traverse pour les affections de la peau, Sainte-Luce pour les yeux, Saint-CĂŽ pour le cĆur, « co » signifiant « cĆur » en gascon), sans quoi les vertus des saints restaient inopĂ©rantes[17].
Par endroits, le nombre de chiffons disposés sur les croix ou les arbustes environnants témoigne de la fréquentation des lieux encore de nos jours. Le rite veut en effet que le patient imprÚgne un linge de l'eau de la source et le passe sur la partie du corps à traiter, puis accroche ce linge prÚs de la fontaine dans l'espoir d'y laisser leurs maux ou comme un ex-voto. Les autres malades doivent s'abstenir de toucher ces linges, au risque d'attraper la maladie qu'ils ont aidé à soigner[1].
- Saint-Antoine de la Traverse d'Escource. Les malades laissent leurs linges usagés prÚs de la fontaine comme des ex-voto.
- Saint-CĂŽ d'Escource.
- Sainte-Luce d'Escource.
Cultes et croyances
[modifier | modifier le code]Les rapports sacrĂ©s que lâHomme entretient avec lâeau, le feu, les pierres ou les arbres, remonte Ă la PrĂ©histoire et le culte de lâeau est un hĂ©ritage paĂŻen. Les Gaulois vĂ©nĂ©raient l'eau de source, dont la prĂ©sence est associĂ©e Ă l'idĂ©e de vie et de bienfait. Sources et riviĂšres font l'objet d'un culte important, que lâĂglise finit par intĂ©grer Ă ses rites (baptĂȘme, lavement des pieds), faute dâavoir pu complĂštement lâinterdire, en dĂ©pit de siĂšcles de condamnation[18].
Si quelques rares fontaines ont Ă©chappĂ© Ă la christianisation, la plupart sont placĂ©es par lâĂglise sous la protection d'un saint, parfois local, plus ou moins spĂ©cialisĂ© dans le traitement d'affections[1]. Câest ainsi quâon prĂȘtait des pouvoirs dits « miraculeux » aux fontaines et Ă leurs saints tutĂ©laires, dans un mĂ©lange de superstitions et de croyances alliant mĂ©decine populaire au divin, rĂ©miniscences de pratiques paĂŻennes antĂ©rieures Ă l'Ă©mergence du christianisme[3].
Parmi les grandes figures de la chrétienté rattachées au culte des fontaines viennent les noms de :
- la Vierge Marie, figure maternelle, invoquée dans le traitement des douleurs, des rhumatismes ou de la lactation.
- Notre-Dame-des-pins d'Aurice, contre les rhumatismes et les maux de jambes. On implorait jadis son aide pour favoriser les premiers pas des enfants.
- Notre-Dame-des-Douleurs de Garrosse, traite les rhumatismes et les dérangements intestinaux.
- Notre-Dame de Mimizan, soigne la « couleuvre », c'est-à -dire la diarrhée des enfants. Petit monument en garluche orné de statues de la Vierge à qui elle est dédiée et d'un crucifix, cette fontaine est édifiée en 1967 le long du courant de Mimizan.
- Notre-Dame de Buglose, marque l'endroit oĂč une statue de la Vierge est restĂ©e cachĂ©e 50 ans pour Ă©chapper aux troubles des guerres de Religion dans les Landes.
- Saint Jean-Baptiste, souvent invoquĂ© pour les maladies de peau ou l'eczĂ©ma (syndrome). Son lien avec le culte de l'eau est un rappel du baptĂȘme du Christ qu'il rĂ©alisa dans les eaux du Jourdain.
- Saint-Jean-Baptiste de Bouricos. Une assemblade avait lieu jadis sur l'airial de Bouricos le 24 juin, jusqu'au début des années 1950.
- Saint-Jean-Baptiste de Brocas.
- l'archange saint Michel, dont le culte a toujours Ă©tĂ© trĂšs fort en France[19], est invoquĂ© Ă Bias pour les maux d'estomac (Saint-Michel de Bias) et Ă LĂŒe pour les maladies de peau. Dans cette derniĂšre commune comme dans celle d'Escource, les malades devaient passer devant une recommandeuse qui les orientait vers la source Saint-Pierre ou Saint-Michel, selon le mal Ă traiter[20].
- Saint-Michel de Bias.
- Saint-Michel de LĂŒe, photographiĂ©e en 1903 par FĂ©lix Arnaudin.
- Saint-Michel de LĂŒe, panneau de bois reprĂ©sentant l'archange.
- Saint-Michel de LĂŒe, linges laissĂ©s par les malades.
Homonymie et calembours étaient utilisés comme des moyens de mémoriser les facultés curatives des sources en fonction du nom de leurs saints tutélaires :
- Saint Eutrope soulage les estropiĂ©s (Eutrope se dit « EstrĂČpi » en gascon) et les maux de jambe[21] (Saint-Eutrope de Callen, Saint-Eutrope de Trensacq, Saint-Eutrope de CĂšre)
- Saint Blaise soigne les blasits (câest-Ă -dire ceux qui ont le teint pĂąle)[21]
- Sainte Rose intervenait pour les maus arroses (boutons, impétigo, furoncles, boutons roses provoqués par la pellagre)[21] (Sainte-Rose de Mézos, Sainte-Rose d'Ychoux, Sainte-Rose de Sanguinet)
- Saint Leu (Loup) avait pouvoir sur les loupes (verrues et taches sur la peau)[21] (Saint-Leu de Lencouacq, Saint-Loup de Sabres)[22]
- Saint Lyé délie les langues[15]
- Saint Aignan soigne la teigne[15]
- Saint Clair est invoqué pour les maux des yeux et rendre une vue claire[14]
- Source Saint-Eutrope de CÚre (fontaine maçonnée en pierre coquilliÚre).
- Source Sainte-Rose de Sanguinet.
- Fontaine Saint-Clair de Saint-Paul-en-Born.
- Panneau indiquant la position de la fontaine dédiée à saint Clair.
Lâhagiographie pouvait Ă©galement expliquer les bienfaits des sources :
- Sainte Quitterie, martyre dĂ©capitĂ©e, guĂ©rissait les maux de tĂȘte (Aire-sur-l'Adour, Arx, Commensacq, Gastes, Lucbardez, MaillĂšres, Saint-Martin d'Oney, Sainte-Foy, Toulousette, Villenave)
- Sainte-Quitterie de Gastes.
- Sainte-Quitterie de Lamothe.
- Sainte-Quitterie de Commensacq.
Dâautres saints Ă©taient spĂ©cialisĂ©s dans certains traitements
- Sainte Ruffine[n 3] soigne les croûtes de lait aux fontaines d'Aureilhan et de Biganon[3]
- Sainte-Ruffine d'Aureilhan.
- Sainte-Anne de Belhade favorise lâallaitement
- Sainte-Anne de Belhade.
On pouvait enfin trouver des fontaines :
- qui aident les enfants anémiés ou déficients (Cachen, Saint Pantaléon de Campagne, Poyanne, Vieille-Saint-Girons)
- qui guérissent de la peur (fontaine de la peur de Bostens)
- qui soignent la pellagre et les maladies de peau (Sarbazan, Saint-Christau de Benquet, Saint-Jacques de Saint-Yaguen, Saint-Roch de Saubion), les eczémas (Castets)
- qui soulagent les douleurs (fontaine des douleurs de Saint-Martin-de-Hinx)
- qui traitent les rhumatismes (Losse, Ygos, Sainte-Radegonde de Roquefort)[24].
Légendes
[modifier | modifier le code]Les croyances attachĂ©es aux lieux sâaccompagnent dâun certain folklore oĂč les fontaines sont personnifiĂ©es. Des lĂ©gendes racontent que certaines dâentre elles, mĂ©contentes des atteintes faites Ă leur intĂ©gritĂ©, se vengent sur les personnes responsables ou quittent la paroisse inhospitaliĂšre, comme la fontaine Saint-Jacques de Saint-Yagen, rattrapĂ©e par le marguillier qui rĂ©ussit Ă la fixer en plantant une croix alors quâelle tentait de fuir Ă travers la lande[25] : selon la lĂ©gende, la fontaine coulait auparavant dans le village et se serait dĂ©placĂ©e d'elle-mĂȘme dans la forĂȘt Ă la suite d'une pollution[26].
Toujours selon la lĂ©gende, il faut se mĂ©fier du Tac, personnage malfaisant du folklore landais, qui vit prĂšs des fontaines. Ce dernier cherche toujours Ă se faire porter sur le dos de celui qui lâapproche jusquâĂ lâĂ©puisement et le trĂ©pas de sa victime[27].
Fiction
[modifier | modifier le code]La fréquentation des sources guérisseuses des Landes est évoquée dans le téléfilm Meurtres à Mont-de-Marsan, tourné et diffusé en 2025.
- Arengosse
- Arthez-d'Armagnac
- Aureilhan
- Azur
- Bastennes
- Belhade
- Benquet
- Bergouey
- Biganon
- Boos
- Bougue : la source du Curé sur le site de l'enceinte médiévale de Castets et la fontaine Saint-Clair
- Bostens
- Campagne
- Carcen-Ponson
- Cassen
- Cazalis
- CĂšre
- Commensacq
- Coudures
- Dax (fontaine chaude)
- Doazit
- Escource
- GaillĂšres
- Garrosse
- Gastes
- Gaujacq
- Habas
- Haut-Mauco
- Labastide-Chalosse
- Laglorieuse
- Laluque
- LarriviĂšre Saint-Savin
- Lucbardez
- Maa
- Mazerolles
- Mimizan
- Moustey
- Narrosse
- Nassiet
- Onesse-Laharie
- Ousse-Suzan (3 fontaines)
- Pissos
- Pontenx-les-Forges
- Retjons
- Rion-des-Landes
- Saint-André-de-Seignanx
- Saint-Gein
- Saint-Martin-d'Oney
- Saint-Pandelon (fontaine salée)
- Saint-Paul-les-Dax
- Saint-Yaguen
- Sainte-Colombe
- Sainte-Eulalie-en-Born
- Samadet
- Sanguinet
- Saubion
- SindĂšres
- Sore
- Téthieu
- Trensacq Villenave
- Vert[28]
- Ychoux
- Ygos
Galerie
[modifier | modifier le code]- Saint-MĂ©dard de Haut-Mauco. Elle a la rĂ©putation de soigner les malaises cardiaques, « Mauco » Ă©tant perçu comme mau cĂČr (« mauvais cĆur » en gascon)[n 4].
- Saint Savin à LarriviÚre Saint-Savin, invoqué pour soigner les maladies de peau.
- Source Saint-Basile de Sanguinet, invoqué pour soigner les maux des yeux et les maladies de peau[29].
- Chapelle des Trois-Fontaines d'Ychoux vouée aux sources situées à proximité et dédiées à Notre-Dame, sainte Rose et saint Jean-Baptiste.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- â Voir la loi du 19 juin 1857 relative Ă l'assainissement et de mise en culture des Landes de Gascogne.
- â Une assemblade est une foire typique des Landes de Gascogne mĂȘlant marchands, commerçants, forains et visiteurs en pĂšlerinage sur un lieu de dĂ©votion.
- â Rufina est une chrĂ©tienne nĂ©e dâune noble famille romaine. Elle est dĂ©capitĂ©e avec sa sĆur SĂ©cunda en raison de leur foi quâelles refusent dâabjurer.
- â Parmi d'autres hypothĂšses Ă©tymologiques proposĂ©es pour le nom du village, c'est celle qui est privilĂ©giĂ©e par Michel Grosclaude, Dictionnaire toponymique des communes, BĂ©arn ; Ă©d. CAIRN / RĂ©clams ; 2006 ; p. 223.
Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 Sud Ouest, Le Mag, juillet 2011.
- â Brigitte Caulier, L'eau et le sacré : les cultes thĂ©rapeutiques autour des fontaines en France, du Moyen Ăąge Ă nos jours, QuĂ©bec/Paris, Beauchesne, , 176 p. (ISBN 2-7010-1214-7, lire en ligne).
- 1 2 3 L'Almanach du Landais 2007, éditions CPE, p. 61.
- 1 2 3 de Marliave 1999, p. 11.
- 1 2 Jean-Jacques et BĂ©nĂ©dicte FĂ©niĂ©, Dictionnaire des Landes, Bordeaux, Ăditions Sud Ouest, , 349 p. (ISBN 978-2-87901-958-1), p. 150.
- 1 2 3 L'Almanach du Landais 2009, éditions CPE, p. 47.
- 1 2 3 4 Fontaine Saint-Clair, panneau de présentation de la fontaine d'Ygos rédigé par la communauté de communes du Pays Morcenais, consulté sur site.
- 1 2 de Marliave 1999, p. 10.
- â EncyclopĂ©die Larousse du XXe siĂšcle, Paris, 1932.
- â Panneau de prĂ©sentation de l'Ă©glise, consultĂ© sur site, rĂ©alisĂ© par Claire Desqueyroux, architecte, et les Amis des Ă©glises anciennes du dĂ©partement des Landes.
- â Fabrice, dans Nature Source Chaude, « Une source dâeau chaude, une histoire dâalchimie », le 13 fĂ©vrier 2023, mis Ă jour le 16 juin 2025 (consultĂ© le )
- â HervĂ© Foglia, Mimizan, perle de la CĂŽte d'Argent, Saint-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, coll. « MĂ©moire en Images », , 128 p. (ISBN 2-84253-658-4).
- â de Marliave 1999, p. 9.
- 1 2 3 4 Rites et signes religieux, panneau de présentation de la fontaine Notre-Dame des douleurs de Garrosse rédigé par la communauté de communes du Pays Morcenais, consulté sur place le 20 septembre 2012.
- 1 2 3 4 Panneau de présentation de la fontaine Saint-Clair, à Saint-Paul-en-Born, consulté sur site en juillet 2015.
- â « Https : //www.escource.fr/Decouvrir/L-eau-a-Escource/Les-sources », sur escource.fr via Internet Archive.
- â Les sources de Saint-Antoine, panneau de prĂ©sentation consultĂ© sur place.
- â de Marliave 1999, p. 12.
- â Panneau de prĂ©sentation Assemblades et foires de la Saint-Michel sur le site de Suzan.
- â de Marliave 1999, p. 81.
- 1 2 3 4 de Marliave 1999, p. 16.
- â Philippe Soussieux, Dictionnaire historique des Landes, Herm, Etudes landaises, , 856 p. (ISBN 978-2-9500625-5-0, prĂ©sentation en ligne), p 657-658
- â « Ăglise et fontaine de Biganon », notice no PA40000018, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base MĂ©rimĂ©e, ministĂšre français de la Culture. ConsultĂ© le .
- â Charles Daney, Dictionnaire de la Lande Française, Portet-sur-Garonne, Ă©ditions LoubatiĂšres, , 347 p. (ISBN 2-86266-163-5).
- â de Marliave 1999, p. 15.
- â Panneau d'information de la mairie de Saint-Yaguen, consultĂ© sur site.
- â Jean-Jacques FĂ©niĂ©, Un Ă©tĂ© dans les Landes, Sud Ouest du , p. 12.
- â « YounĂšs Rahmoun - La forĂȘt d'art contemporain », sur laforetdartcontemporain.com via Internet Archive, (consultĂ© le ).
- â « Https : //fontainesdeslandes.fr », sur fontainesdeslandes.fr.
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Serge Airoldi, Aux claires fontaines, m'en allant soulager mes maux, Bordeaux, coll. « Le festin n°124 »,
- Olivier de Marliave, Sources et saints guérisseurs des Landes de Gascogne, Bordeaux, L'Horizon chimérique, , 170 p. (ISBN 2-907202-62-6)
- Ălie Menaut, « Le culte des fontaines dans les Landes », Bulletin de la SociĂ©tĂ© de Borda, no 300,â 4e trimestre 1960, p. 413-419
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- « http://www.fontainesdeslandes.fr », sur www.fontainesdeslandes.fr (consulté le )
- « Les fontaines guĂ©risseuses dans les Landes sur le site de l'Ăglise catholique dans les Landes »(Archive.org âą Wikiwix âą Que faire ?)
- www.ecotourisme-landes-de-gascogne.fr
- [vidéo] « Au pays des sources », sur YouTube
- Cartographie des fontaines et sources dans les landes