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Provençaux

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Provençaux
Description de cette image, également commentée ci-aprÚs
Confrérie provencale du maintien des traditions en 2010.
Populations importantes par région
Provence ?
Paris 21 500 (1932)[1]
Autres
RĂ©gions d’origine Provence
Langues Provençal, français méridional, français standard
Religions Catholicisme, protestantisme
Ethnies liées Ligures, Celtes, Grecs, Italiques

Les Provençaux sont les habitants de la Provence. C'est un ancien peuple d'un État provençal indĂ©pendant qui fait dĂ©sormais partie du peuple français.

Ils font partie des peuples de la civilisation occitane[2],[3],[4],[5],[6].

L'ethnonyme est mentionné sous la forme Provenciaus vers 1180-1190, puis Provençaux en 1634[7]. L'attestation ancienne correspond aux Provinciales (mot latin) qui s'applique en réalité aux Occitans.

Par ailleurs, il ne faut pas confondre le terme Provençaux avec celui de Provinciaux.

Anthropologie et ethnologie

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Louis Dussieux considĂšre les Provençaux comme Ă©tant un peuple descendant des Ligures, il indique Ă©galement qu'ils sont mĂȘlĂ©s d'Ă©lĂ©ments celtiques, latins, germaniques et qu'ils ont Ă©tĂ© francisĂ©s[8]. La population provençale passe sous souverainetĂ© française en 1481, sous des conditions insĂ©rĂ©es dans le testament de Charles III[9].

Un auteur[N 1] de l'Ă©poque d'Othon IV, dit que les Provençaux ont beaucoup de sagacitĂ©, qu’ils ne sont point esclaves de leur parole, qu'ils sont actifs, braves, mĂȘme sans armes ; adonnĂ©s au vin, habiles Ă  nuire, mĂ©lancoliques au milieu des honnĂȘtes gens, mĂ©moratifs des injures, craignant peu les voyages de mer, circonspects dans la guerre, supportant patiemment la faim, le froid et le chaud, faciles Ă  se plier au bien s’ils ont un maĂźtre qu’ils respectent et sont ardents Ă  commettre le mal lorsqu'ils ne sont dirigĂ©s par personne[9]. D'aprĂšs Charles-François Bouche, Ă  partir du moment oĂč ils obĂ©irent Ă  un seul maĂźtre, ils eurent le caractĂšre que leur commerce avec la France a encore mieux dĂ©veloppĂ© dans la suite des temps. Ils furent brusques, mais sans tenue dans leurs emportements ; braves et souvent peu circonspects, fidĂšles Ă  l'amitiĂ©, aux lois et Ă  leur Prince, propres aux sciences et aux arts de gĂ©nie, aimables et d’un caractĂšre liant (surtout hors de leur Patrie), enjouĂ©s et trop fertiles en bons mots, ainsi qu'aimant plus qu’aucun peuple en Europe la danse, les vers et les chansons. Sachant que leurs danses sont vives, elles peignent le plaisir et la vivacitĂ© de leur humeur et de leur caractĂšre[9].

D'autre part les Marseillais du XVIIIe siĂšcle ne ressemblent pas plus aux autres Provençaux qu'aux PhocĂ©ens qui sont leurs fondateurs, selon Charles-François Bouche leur sang s’est mĂȘlĂ© avec celui de diverses nations depuis l'Ă©poque de Charlemagne[9]. Sous l'Ancien rĂ©gime, lorsque les commissaires du Conseil et les dĂ©putĂ©s du parlement de Paris Ă©taient assemblĂ©s, pour confĂ©rer sur les ordonnances civiles et criminelles, le premier prĂ©sident observa qu'en Provence, quand un homme a protestĂ© de dĂ©soler un autre, ce sont des haines qui passent des pĂšres aux enfants et qui ne s'apaisent jamais[9]. Mais les Provençaux, dit M. Bouche, sont trop vifs pour ĂȘtre constants dans leur colĂšre, ils ont le caractĂšre trop ouvert pour ĂȘtre haineux et vindicatifs. HaĂŻr et chercher Ă  se venger, dans le sens que l’entendait le prĂ©sident, c’est avoir un phlegme atroce et mĂ©thodique, dont la vivacitĂ© provençale est incapable[9].

Sous les rapports physiques, dit M. Fauchet, ancien prĂ©fet du Var, les Provençaux forment la nuance et le passage entre les peuples du nord et ceux du midi de l'Europe. Ils ont en gĂ©nĂ©ral les cheveux chĂątains, quelquefois noirs, rarement blonds ; la peau brune, le regard vif et pĂ©nĂ©trant, la physionomie spirituelle, mais passionnĂ©e ; leur taille est communĂ©ment moyenne. Incapables d'un long travail, ils n'ont que le premier feu ; ils supportent avec peine le chaud et la soif, plus facilement le froid et la faim, ce qui est un effet du climat[10]. Leur caractĂšre est la lĂ©gĂšretĂ©, l'inconstance et la timiditĂ© dans les entreprises. Ardents, inflammables et exagĂ©rĂ©s, ils sont francs et braves ; on les irrite par la violence ; le peuple est plus superstitieux que fanatique. Dans les classes Ă©levĂ©es, on trouve la corruption des mƓurs des grandes villes sans en rencontrer l'urbanitĂ©, on y remarque en gĂ©nĂ©ral plus d'esprit que de lumiĂšres et plus d'imagination que de jugement[10].

MalgrĂ© la violence de ses passions, le paysan provençal du XIXe siĂšcle est, d'aprĂšs Abel Hugo, moins fĂ©roce et moins sanguinaire que quelques Ă©crivains (Millin entre autres) se sont plu Ă  le supposer[10]. Selon Taxile Delord, on reconnait d'abord un Provençal Ă  son accent ; cet auteur dit aussi que l'individu provençal est français, italien et espagnol, car il participe de ces trois peuples dont il a subi le contact et la domination[11]. Dans le mouvement des esprits du XIXe siĂšcle, le Provençal est nĂ©anmoins appelĂ© Ă  exercer une grande influence d'aprĂšs M. Delord, car il ajouterait au faisceau de l'unitĂ© nationale cette sĂ»retĂ© de coup d'Ɠil, cette activitĂ© d'intelligence et cette promptitude de dĂ©cision dans les grandes circonstances qui sont naturelles aux enfants du Midi[11].

Dans la seconde moitiĂ© du XVIIIe siĂšcle, la langue des Provençaux voisins du RhĂŽne est un peu traĂźnant — PĂ©trarque l'appelait de son temps « la voix du plaisir » — il est mĂȘlĂ© avec beaucoup de mots dauphinois et languedociens. Les Provençaux, voisins des cĂŽtes maritimes, s'expriment par des sons durs et des mots fort doux. Ceux qui habitent l'intĂ©rieur des terres ont reçu beaucoup de gallicismes[9].

Dans la premiĂšre moitiĂ© du XIXe siĂšcle, la prononciation des Provençaux des Basses-Alpes, chez les montagnards, est gĂ©nĂ©ralement plus rude que celle des Provençaux du littoral[10]. À la mĂȘme Ă©poque, les habitants de Draguignan et des communes situĂ©es au nord de cette ville, ont une prononciation gutturale ; Ă  Grasse et dans ses environs, le langage est un rĂ©citatif cadencĂ©, presque susceptible d'ĂȘtre notĂ© avec les caractĂšres de la musique. Par ailleurs, l'idiome provençal est encore le langage des habitants des campagnes, mais il cesse peu Ă  peu d'ĂȘtre employĂ© dans les villes, oĂč l'usage de la langue française fait tous les jours de nouveaux progrĂšs[10].

Les cheveux, la barbe, les chapeaux, les habits courts et longs, ainsi que les habillements des femmes, ont Ă©prouvĂ© en Provence comme ailleurs des variations. Par exemple, les Ostrogoths et tous les peuples du Nord qui avaient paru en Provence, avaient apportĂ© l'usage des pelleteries, les Provençaux en avaient fait une de leurs principales parures, mais ce goĂ»t a fini par passer[9]. D'autre part, le modĂšle le plus authentique de la chaussure des anciens Provençaux, se trouve encore chez le bas-peuple de la Haute-Provence en 1785, c’est une espĂšce de sandale assujettie par des courroies[9].

Régime alimentaire

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Migrations et diaspora

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Au XIIIe siĂšcle, le comte de Provence Charles Ier d'Anjou, devenu en 1266 roi de Naples et de Sicile, installa en Italie mĂ©ridionale des colonies de Provençaux[12]. Ces colons sont peut-ĂȘtre Ă  l'origine de l'Ăźlot linguistique francoprovençal de Faeto et de Celle di San Vito dans les Pouilles.

En 1932, il y a 21 500 Provençaux à Paris[1]. Ils ont aussi migré en Indochine[13].

Notes et références

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  1. ↑ Dont le nom n'est pas mentionnĂ© dans le texte.

Références

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  1. 1 2 La conquĂȘte de la capitale par les provinces de France, Almanach Hachette, 1932.
  2. ↑ Jean-Guy Savard et Lorne Laforge, Actes du 5e CongrĂšs de L'Association internationale de linguistique appliquĂ©e, Quebec, Les Presses de L'UniversitĂ© Laval, coll. « Travaux du Centre international de recherche sur le bilinguisme. » (no 16), , 463 p. (ISBN 978-2-7637-6932-5, OCLC 469761292, lire en ligne), p. 4
  3. ↑ Jeffrey Cole, Ethnic Groups of Europe: An Encyclopedia, ABC-CLIO, 2011
  4. ↑ Peter McPhee, "Frontiers, Ethnicity and Identity in the French Revolution: Catalans and Occitans", in Ian Coller, Helen Davies, and Julie Kalman, eds, French History and Civilisation: Papers from the George RudĂ© Seminar, Vol. 1, Melbourne: The George RudĂ© Society, 2005
  5. ↑ Cahiers internationaux de sociologie, Volumes 68-69, Presses universitaires de France, 1980, p. 334.
  6. ↑ Christoph Pan, Beate Sibylle Pfeil et Michael Geistlinger, National minorities in Europe : handbook, Vienne, BraumĂŒller, (ISBN 978-3-7003-1443-1) : « The Peoples of Europe by Demographic Size », table 1, p. 11f.
  7. ↑ Informations lexicographiques et Ă©tymologiques de « Provençaux » dans le TrĂ©sor de la langue française informatisĂ©, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  8. ↑ Louis Dussieux, GĂ©ographie gĂ©nĂ©rale, Lecoffre et Cie, 1866, « Chapitre VII : ethnographie et religions ».
  9. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Charles-François Bouche, Essai sur l'histoire de Provence, suivi d'une notice des Provençaux célÚbres, tome 1, Marseille, Mossy, 1785.
  10. 1 2 3 4 5 Abel Hugo, France pittoresque, ou description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France, Paris, Delloye, 1835
  11. 1 2 Taxile Delord, « le Provençal », in Les Français peints par eux-mĂȘmes : province, tome 2, Paris, Curmer, 1841
  12. ↑ Antoine Dareste de La Chavanne, Histoire de France depuis les origines jusqu'à nos jours, tome II, Paris : Plon, Nourrit et Cie, 1884, p. 307.
  13. ↑ Bulletin de l'Amicale « Les Provençaux d'Indochine », SaĂŻgon, 1926 (BNF 32718942)

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Bibliographie complémentaire

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  • H. Barre, Voyageurs et explorateurs provençaux, Marseille, Barlatier, 1905
  • J. Fontan, Les marins provençaux dans la guerre d'indĂ©pendance des États-Unis d'AmĂ©rique, Toulon, Alte, 1918
  • Lucien Gaillard, La vie quotidienne des ouvriers provençaux au XIXe siĂšcle, Paris, Hachette, 1981 (ISBN 9782010058356)
  • Marie-Claude Monchaux, Les enfants provençaux, Ouest-France, 1978 (ISBN 9782858821518)

Articles connexes

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