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Sentinel-5 Precursor

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Vue d'artiste du satellite Sentinel-5 Precursor.
Données générales
Organisation Drapeau de l’Union europĂ©enneAgence spatiale europĂ©enne
Constructeur Drapeau de l’Union europĂ©enne Airbus Defence and Space
Programme Copernicus
Domaine Composition de l'atmosphĂšre terrestre
Statut Recette en cours
Lancement 13 octobre 2017
Lanceur Rockot
Durée de vie 7,25 ans
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 820 kg
Masse instruments 220 kg
Ergols Hydrazine
Masse ergols 82 kg
ContrÎle d'attitude Stabilisé 3 axes
Puissance électrique 1 500 watts
Orbite héliosynchrone
Altitude 824 km
Inclinaison 98,7°
Principaux instruments
TROPOMI SpectromĂštre imageur

Sentinel-5 Precursor ou Sentinel-5P est un satellite d'observation de la Terre de l'Agence spatiale européenne développé dans le cadre du programme Copernicus qui a été lancé le . L'objectif du programme est de fournir aux pays européens des données complÚtes et actualisées leur permettant d'assurer le contrÎle et la surveillance de l'environnement. Le satellite Sentinel-5 Precursor doit garantir la continuité des mesures de l'atmosphÚre jusque-là à la charge d'ENVISAT et d'Aura en attendant le lancement des missions Sentinel-5 au début des années 2020. L'instrument unique de ce petit satellite de 900 kg est un spectromÚtre qui doit mesurer les quantités d'ozone, de méthane, de formaldéhyde, d'aérosols, de monoxyde de carbone, de NO2 et de SO2 dans l'atmosphÚre jouant un rÎle dans la qualité de l'air, la couche de l'ozone et les processus climatiques. Le satellite circule sur une orbite héliosynchrone et a une durée de vie minimale de 7,25 ans.

Le programme Copernicus

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Le satellite Sentinel-5 Precursor fait partie du programme Copernicus financé par l'Union européenne qui comprend d'une part un volet spatial géré par l'Agence spatiale européenne d'autre part le recueil de données in situ organisé depuis le sol, le traitement des données ainsi que la restitution de celles-ci sous forme de services adaptés aux utilisateurs. L'objectif est de mettre à disposition des pays européens de maniÚre normalisée et continue des informations sur le sol, les océans, le traitement de l'urgence, l'atmosphÚre, la sécurité et le changement climatique. Le programme est en cours de mise en place.

Le segment spatial du programme repose en 2015 sur les instruments de nombreux satellites européens aux caractéristiques hétérogÚnes dont le plus emblématique était ENVISAT qui a cessé ses opérations en 2012. Pour remplacer et normaliser le recueil des données l'Agence spatiale européenne a décidé de développer 7 familles de satellites ou d'instruments[1] :

  • les satellites Sentinel-1 doivent fournir une imagerie radar tout-temps, jour et nuit, Ă  des fins d'observation du sol et des ocĂ©ans. Sentinel-1A a Ă©tĂ© lancĂ© le . Sentinel-1B a Ă©tĂ© lancĂ© le .
  • les satellites Sentinel-2 qui fournissent l'imagerie optique haute rĂ©solution permettant l'observation des sols (utilisation des sols, vĂ©gĂ©tation, zones cĂŽtiĂšres, fleuves, etc.) ainsi que le traitement des situations d'urgence (catastrophes naturelles...). Le premier exemplaire a Ă©tĂ© placĂ© en orbite en et le deuxiĂšme en .
  • les satellites Sentinel-3 fournissent des donnĂ©es optiques, radar et altimĂ©trique sur les ocĂ©ans et continents. Sentinel-3A a Ă©tĂ© lancĂ© le et Sentinel-3B le .
  • Sentinel-4 est constituĂ© par des instruments embarquĂ©s comme charge utile sur les satellites mĂ©tĂ©orologiques gĂ©ostationnaires MĂ©tĂ©osat troisiĂšme gĂ©nĂ©ration (MTG) de EUMETSAT. Ils fournissent des donnĂ©es sur la composition de l'atmosphĂšre. Le premier doit ĂȘtre lancĂ© en 2021.
  • Sentinel-5 : ces instruments fournissent Ă©galement des donnĂ©es sur la composition de l'atmosphĂšre. Ils doivent ĂȘtre embarquĂ©s comme charge utile sur les satellites mĂ©tĂ©orologiques polaires MetOp-SG (MetOp deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration) dĂ©veloppĂ©s par EUMETSAT. Le premier satellite doit ĂȘtre lancĂ© vers 2021.

Sentinel-5 Precursor : une solution d'attente

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La charge utile Sentinel-5 ne pouvant ĂȘtre placĂ©e en orbite que vers 2021 du fait du planning de dĂ©veloppement du satellite porteur EPS-SG, l'Agence spatiale europĂ©enne a dĂ©cidĂ© au cours de la confĂ©rence interministĂ©rielle qui s'est tenue Ă  La Haye (Pays-Bas) en 2008 la rĂ©alisation d'un petit satellite chargĂ© de fournir des donnĂ©es Ă©quivalentes pour la pĂ©riode 2015-2020. Sur le plan scientifique il s'agit de poursuivre le recueil des donnĂ©es fournies jusque lĂ  par ENVISAT et l'instrument OMI du satellite Aura de la NASA. Le satellite est baptisĂ© officiellement Sentinel-5 Precursor ou de maniĂšre informelle Sentinel-5 P. La construction du satellite est confiĂ©e Ă  Airbus Defence and Space[2].

Planning lancement et caractéristiques des instruments des satellites Sentinel chargés de mesurer la composition de l'atmosphÚre[2]
UVNS TROPOMI UVN IAS IRS
MissionSentinel 5Sentinel-5 PrecursorSentinel-4Sentinel 5Sentinel 4
SatelliteMetOp-SGSentinel-5 PrecursorMTGMetOp-SGMTG
Mise en service2021-2017-20242021-2021-2021-
Bande spectrale observéeUltraviolet-visible-proche infrarougeInfrarouge thermique
OrbiteOrbite basseOrbite géostationnaireOrbite basseOrbite géostationnaire
Fréquence échantillonnagequotidiennehorairequotidiennehoraire

La mission de Sentinel-5P a pour objectif de mesurer la quantitĂ© de certains gaz et aĂ©rosols prĂ©sents dans l'atmosphĂšre terrestre (quantitĂ© et rĂ©partition) ayant un impact sur la qualitĂ© de l'air et le climat. L'instrument embarquĂ© TROPOMI doit permettre de mesurer les gaz suivants : oxydes de brome, monoxyde de carbone, dioxyde de chlore, formaldĂ©hyde, Ă©thanedial, oxydes d'iode, mĂ©thane, anhydride sulfureux, dioxyde d'azote, oxygĂšne molĂ©culaire et atomique, ozone, eau – dans les molĂ©cules semi-lourdes comportant un atome unique de deutĂ©rium – et certains aĂ©rosols[3]. Pour la mesure des gaz Ă  effet de serre dans le proche infrarouge l'instrument embarquĂ© TROPOMI prĂ©sente l'avantage d'une rĂ©solution spatiale nettement supĂ©rieure aux instruments en orbite GOME-2 et GOSAT seulement dĂ©passĂ©e par OCO-2 mais effectue un nombre d'observations 10 fois plus Ă©levĂ© que ce dernier[2].

Caractéristiques techniques

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Sentinel-5 Precursor est le cinquiÚme satellite utilisant la plateforme AstroBus-L 250 M d'Airbus Defence and Space conçue pour les satellites d'une masse comprise entre 125 kg et 4 tonnes. Celle plateforme est un héritage du programme espagnol SEOSat/Ingenio et des satellites SPOT-6, SPOT-7 ainsi que de deux autres satellites d'observation de la Terre. La plateforme de conception modulaire et son architecture dispose d'une tolérance aux pannes de chacun de ses composants. La fiabilité résultante est de 0,75 pour une durée de fonctionnement de 7 ans[4].

Le satellite a une forme parallélépipédique. Sa masse au lancement est de 820 kg dont 220 kg pour le radar (y compris le radar) et 82 kg d'ergols. Sentinel-5P est stabilité 3 axes par un systÚme similaire à celui utilisé sur le satellite KazEoSat-1. La détermination de l'orientation est obtenue grùce à trois viseurs d'étoiles Hydra de la société Sodern, deux capteurs solaires, des centrales à inertie redondantes et des accéléromÚtres. Pour modifier son orientation, le satellite a recours à quatre roues de réaction et trois magnéto-coupleurs. Pour corriger son orbite, modifier son orientation et désaturer ses roues de réaction, le satellite dispose d'un systÚme propulsif déjà employé sur de nombreux satellites de son constructeurs. Il est constitué de 4 petits propulseurs d'une poussée de 1 Newton organisés en paires redondantes et brûlant de l'hydrazine mis sous une pression compris entre 5,5 et 22 bars (impulsion spécifique comprise entre 205 et 221 secondes). Le satellite embarque 82 kilogrammes d'hydrazine[4].

Le satellite dispose de 3 panneaux solaires fixe d'une superficie de 6,3 m2 (3 panneaux de 1,75 × 1,24 mĂštre) fournissant 1 500 watts en fin de vie. L'Ă©nergie est stockĂ©e dans une batterie de 156 ampĂšres-heures. La consommation moyenne est de 430 watts. Le satellite dispose d'une capacitĂ© de stockage des donnĂ©es de 512 gigabits. Les Ă©changes de donnĂ©es se font en bande X avec un dĂ©bit de 310 mĂ©gabits par seconde tandis que les tĂ©lĂ©mesures et les commandes sont transmises en bande S avec un dĂ©bit respectivement de 571 et 64 kilobits par seconde. L'ordinateur embarquĂ© utilise un microprocesseur LEON3-FT cadencĂ© Ă  32 MHz avec une puissance de 22 MIPS[4].

Instrument TROPOMI

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Cette image montre, vus par l'instrument TROPOMI, les taux de CO2 libĂ©rĂ©s sur la cĂŽte ouest des États-Unis par un mĂ©gafeu (donnĂ©es du 19 aoĂ»t 2021, du Sentinel-5 Precursor). Une pĂ©riode de sĂ©cheresse extrĂȘme et longue sur la cĂŽte ouest des États-Unis et du Canada a favorisĂ© des « mĂ©gafeux ». Selon le service de surveillance de l'atmosphĂšre Copernicus, les Ă©missions de carbone des incendies de forĂȘt actuels en Californie sont les plus Ă©levĂ©es enregistrĂ©es depuis 2003 pour cette pĂ©riode de l'annĂ©e. BrĂ»lant une zone plus vaste que le Luxembourg, le « Dixie Fire » est l'un des incendies les plus graves et les plus Ă©tendus jamais enregistrĂ©s en Californie. L'incendie a dĂ©butĂ© le 13 juillet et avait dĂ©jĂ  brĂ»lĂ© 2 831 km2 au 19 aoĂ»t, Ă©tant toujours hors de contrĂŽle. En consĂ©quence, le CO a atteint un pic de 0,08 mol/m2 prĂšs de San Francisco et le panache invisible de CO couvre une superficie de plus de trois millions de kilomĂštres carrĂ©s, comme le montre l'image. Le monoxyde de carbone (CO) est toxique, et aussi un puissant gaz Ă  effet de serre. L'instrument TROPOspheric Monitoring Instrument (TROPOMI) Ă  bord du satellite Copernicus Sentinel-5P permet aux scientifiques de surveiller les niveaux de CO avec un niveau de dĂ©tail sans prĂ©cĂ©dent Ă  l'Ă©chelle mondiale, avec un temps de revisite d'une journĂ©e.
Vue dĂ©taillĂ©e, par TROPOMI, d'un panache inodore et invisible, Ă  l’Ɠil humain, de mĂ©thane, autre puissant gaz Ă  effet de serre, ici libĂ©rĂ© dans l'atmosphĂšre par un forage pĂ©trogazier au Turkmenistan le 22 aoĂ»t 2020.
Exemples de panache de « super-émetteurs » de méthane détectés sur un site d'exploitation pétroliÚre en Libye, grùce à l'instrument TROPOMI du satellite Copernicus Sentinel-5P le 26 juillet 2021. Une seconde observation faite avec les satellites GHGSat, ciblée sur les coordonnées géographique de la détection de Tropomi, a montré que ce panache provient d'une installation de torchage défectueuse (non allumée). On note au passage que le panache sur l'une des images se dirige vers une petite zone habitée.

Sentinel-5P emporte un instrument unique TROPOMI (Tropospheric Monitoring Instrument) développé par plusieurs instituts de recherche hollandais dont l'Institut royal météorologique des Pays-Bas.

Ce spectromÚtre mesure les gaz et certains aérosols présents dans l'atmosphÚre terrestre et ayant un impact sur la qualité de l'air et la stabilité du climat, dont le monoxyde de carbone pour lequel on a encore peu de données. TROPOMI prend le relais des instruments Sciamachy du satellite européen ENVISAT et OMI du satellite de la NASA Aura. Les mesures qu'il effectue viennent compléter les données de l'instrument GOME-2 embarqué à bord du satellite météorologique européen MetOp. TROPOMI pÚse 220 kg et consomme en moyenne 170 watts. Il utilise un capteur de type pushbroom (en) et couvre une bande spectrale allant de l'ultraviolet (UV1/UV2 et UVIS) à la lumiÚre visible (VIS) ainsi que deux bandes dans l'infrarouge (NIR1/NIR2 et SWIR). La fauchée a une largeur de 2 600 km et la résolution spatiale dans le sens du vol est de 7 km[2].

Bandes spectrales observées
Bande spectrale Longueur d'onde (nm) RĂ©solution spectrale (nm) Échantillonnage spectral (nm) RĂ©solution spatiale (kmÂČ) Rapport signal sur bruit Commentaire
UV1270-3000,500,06521 × 28100
UV2300-3200,500,0657 × 7100-1 000
UVIS310-4050,550,27 × 71 000-1 500
VIS405-5000,550,27 × 71 500
NIR1675-7250,500,17 × 7500
NIR2725-7750,500,17 × 1,8100-500
SWIR2 305-2 3850,25< 0,17 × 7100-120

Déroulement de la mission

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Sentinel-5 Precursor est le 6e satellite Sentinel du programme Copernicus à devenir opérationnel. Il est placé en orbite le 2017 par un lanceur léger russe Rokot tiré depuis le cosmodrome de Plessetsk (Russie). Le satellite est placé sur une orbite héliosynchrone à une altitude de 824 kilomÚtres avec une inclinaison orbitale de 97,74°. Le satellite entre en service quelques semaines aprÚs son lancement une fois que le fonctionnement de ses équipements a été vérifié et que son instrument a été étalonné[5]. Le cycle orbital est de 227 orbites (16 jours) mais du fait de la largeur du champ de vue, l'ensemble de la surface est balayée en 24 heures. L'heure locale de visite est 13h35. La durée de vie prévue est de 7 ans. La station de Svalbard est utilisée pour collecter les données scientifiques et les paramÚtres de fonctionnement du satellite.

Notes et références

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  1. ↑ (en) Patric Blau, « Sentinel Satellites », sur spaceflight101.com (consultĂ© le )
  2. 1 2 3 4 (en) « Copernicus: Sentinel-5P », sur EO Portal, Agence spatiale européenne (consulté le )
  3. ↑ (en) William Graham, « Sentinel-5p launches on Russia’s Rokot launch system », sur nasaspaceflight.com,
  4. 1 2 3 (en) Patric Blau, « Sentinel-5P Satellite Overview », sur spaceflight101.com (consulté le )
  5. ↑ (en) « Air quality-monitoring satellite in orbit », Agence spatiale europĂ©enne,

Articles connexes

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Liens externes

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